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BICICI conserve sa note « B+ » grâce à une rentabilité en forte hausse

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Fitch Ratings a maintenu la note de défaut émetteur à long terme de la BICICI à « B+ », assortie d’une perspective stable. L’agence salue l’amélioration de la qualité du portefeuille de crédits et la forte progression des bénéfices, tout en pointant une capitalisation encore modeste face aux ambitions de croissance de la banque.

La Banque internationale pour le commerce et l’industrie de la Côte d’Ivoire conserve la confiance de Fitch Ratings. L’agence de notation a confirmé, le 8 juillet 2026, la note de défaut émetteur à long terme de la BICICI à « B+ », avec une perspective stable.

La note de viabilité de l’établissement et sa note de soutien gouvernemental ont également été maintenues à « b+ ». Cette évaluation repose principalement sur la solidité financière intrinsèque de la banque, dans un secteur bancaire ivoirien caractérisé par une concurrence soutenue.

Fitch met notamment en avant la bonne qualité des actifs de la BICICI, sa rentabilité élevée ainsi que la stabilité de ses ressources et de sa liquidité. L’agence considère toutefois que ces points forts sont contrebalancés par une concentration importante du portefeuille de crédits et par un niveau de capitalisation qui reste limité.

Un rendement des fonds propres porté à 34 %

La rentabilité constitue l’un des principaux atouts de la BICICI. En 2025, le résultat net de la banque a progressé de 40 % sur un an. Cette hausse a été soutenue par une croissance de 10 % du produit net d’intérêts et par une reprise sur les charges de dépréciation des crédits.

Dans le même temps, les charges d’exploitation n’ont augmenté que de 6 %, ce qui a permis à la banque d’améliorer sensiblement son efficacité opérationnelle.

Le rendement des fonds propres a ainsi gagné 4,85 points de pourcentage pour atteindre 34 % en 2025. Fitch anticipe le maintien d’une rentabilité élevée en 2026, avec un résultat opérationnel rapporté aux actifs pondérés par les risques supérieur à 7 %.

Cette performance intervient alors que la BICICI ne détient qu’une part modérée du marché bancaire ivoirien. À fin 2025, ses parts de marché dans les crédits et les dépôts se situaient autour de 6 %.

La banque conserve néanmoins une position solide auprès des grandes entreprises locales, des multinationales et des négociants en matières premières. Son développement repose notamment sur une gestion jugée efficace et une stratégie d’expansion sélective de son réseau d’agences.

Les créances dégradées ramenées à 3,2 %

Fitch souligne également l’amélioration rapide de la qualité du portefeuille de crédits. Le taux de créances dépréciées, correspondant aux prêts classés en phase 3 selon la norme IFRS 9, est tombé à 3,2 % à fin 2025.

Ce ratio atteignait encore 4,6 % un an plus tôt et 15,3 % à fin 2021. Il se situe désormais nettement sous la moyenne du secteur bancaire ivoirien, estimée par Fitch à 5,9 %.

Cette amélioration résulte notamment d’importantes radiations de créances, de recouvrements et d’un environnement économique favorable. À fin 2025, le taux global de couverture des créances dégradées atteignait 163 %, tandis que leur couverture spécifique s’établissait à 77 %.

La part des crédits classés en phase 2, qui correspondent à des encours présentant une hausse significative du risque de crédit, a cependant progressé de 16 % à 20 % entre 2024 et 2025.

Selon Fitch, cette évolution s’explique en partie par la méthode prudente de classification héritée de BNP Paribas. La BICICI s’oriente désormais vers un dispositif davantage aligné sur les pratiques locales, ce qui devrait contribuer à réduire ce ratio.

Une croissance susceptible de peser sur les fonds propres

Le principal point de vigilance concerne la capitalisation. Le ratio global de solvabilité de la banque s’établissait à 13 % à fin 2025, soit seulement 1,54 point au-dessus de l’exigence réglementaire minimale de 11,5 %.

Fitch juge cette marge modeste compte tenu de la concentration du portefeuille de crédits et de l’exposition de la banque à des emprunteurs souverains classés en catégorie spéculative.

Les objectifs de croissance de la BICICI pourraient également exercer une pression supplémentaire sur ses fonds propres. L’agence estime que les actionnaires devraient pouvoir répondre à d’éventuels besoins de capital, sans toutefois intégrer ce soutien potentiel dans sa notation.

La banque bénéficie en revanche d’une structure de financement stable. Les dépôts de la clientèle représentaient 98 % de ses ressources hors fonds propres à fin 2025. Ses actifs liquides nets équivalaient par ailleurs à près de 50 % du total de son bilan.

Dans un environnement économique ivoirien toujours porteur, la BICICI dispose donc de leviers pour accélérer son développement. Mais sa capacité à préserver son niveau de solvabilité tout en augmentant ses encours constituera l’un des principaux déterminants de son profil de crédit au cours des prochaines années.

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