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Bouaké : un marché jeune et populaire, façonné par les contraintes du quotidien

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Deuxième ville de Côte d’Ivoire, Bouaké s’impose comme un marché urbain majeur porté par une population jeune et en croissance. Mais la structure des revenus et les conditions de vie des ménages orientent la consommation vers des choix rationnels, dominés par l’utilité et le prix.

Une ville jeune, moteur de la consommation de masse

Avec plus de 900 000 habitants, Bouaké concentre l’essentiel de la population urbaine de la région du Gbêkê. La structure par âge révèle une population largement dominée par les 15–64 ans, avec une forte présence des jeunes adultes, en particulier dans les tranches 20–34 ans.

Cette jeunesse constitue le socle du marché local : elle consomme, se déplace, communique, fonde des ménages et alimente une demande soutenue pour les biens et services du quotidien. Mais elle reste confrontée à une insertion professionnelle souvent précaire, qui limite la progression du pouvoir d’achat individuel.

Des ménages nombreux, structurés autour du chef de famille

Les ménages de la région comptent en moyenne près de six personnes, avec une prédominance de chefs de ménage masculins (près de 74 %). L’âge moyen du chef de ménage est supérieur à 45 ans, traduisant des foyers organisés autour d’adultes responsables de charges familiales étendues.

Un marché très actif, mais à faibles revenus unitaires

Le taux d’emploi dépasse 97 % dans la région, traduisant une forte participation au marché du travail. Toutefois, cette performance repose principalement sur des secteurs à faible valeur ajoutée : le commerce et l’agriculture concentrent plus de 75 % des emplois, tandis que les services (15,8 %) et l’industrie (7,8 %) restent marginales.

Cette structure économique se traduit par des revenus irréguliers, peu sécurisés et fortement dépendants de l’activité quotidienne, en particulier chez les jeunes actifs.

Une consommation contrainte par les conditions de vie

À Bouaké comme dans l’ensemble du Gbêkê, un actif soutient en moyenne plus de quatre personnes. Cette dépendance économique limite la capacité d’épargne et réduit la part du budget consacrée aux dépenses non essentielles.

Les conditions de vie révèlent des écarts marqués entre Bouaké et les départements ruraux environnants, mais aussi des limites persistantes en milieu urbain. L’accès à l’électricité est élevé à Bouaké, mais reste inégal à l’échelle régionale, tandis que les usages alternatifs (torches, panneaux solaires) demeurent présents.

En matière de cuisson, le gaz est majoritaire en zone urbaine, mais le bois de chauffe reste largement utilisé dans les zones rurales, traduisant une sensibilité forte aux coûts énergétiques. Ces choix contraints se répercutent sur l’ensemble des dépenses des ménages.

Un marché de volume, lisible pour les entreprises

Dans ce contexte, la consommation à Bouaké repose moins sur la valeur des achats que sur leur fréquence. Le marché fonctionne avant tout par le volume, favorisant les offres accessibles, les formats économiques et les circuits de proximité. Une réalité qui impose aux entreprises d’adapter finement leurs stratégies à un consommateur jeune, actif mais fortement contraint.

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