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Cacao ivoirien : le prix garanti fragilisé par la chute des cours mondiaux

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Fixé à 2 800 FCFA le kilo pour la campagne 2025/26, le prix bord champ ivoirien se heurte au recul de la demande internationale. Dans le pays, les coopératives accumulent les invendus et attendent l’intervention du régulateur.

La mécanique ivoirienne du cacao, fondée sur un prix minimum garanti aux producteurs, montre des signes de tension. Depuis plusieurs semaines, les exportateurs rechignent à acheter les fèves au tarif officiel de 2 800 FCFA le kilogramme, estimant que la baisse des cours internationaux rend l’origine ivoirienne moins compétitive.

Dans plusieurs localités, les coopératives voient leurs stocks enfler. Les ventes à l’export, qui assurent le paiement des planteurs, sont à l’arrêt. L’équation financière se complique : sans flux de trésorerie, les dettes envers les producteurs s’accumulent.

Pour éviter une crise ouverte, le Conseil du Café-Cacao a annoncé le rachat de 100 000 tonnes de cacao détenues depuis plusieurs semaines. Les opérations ont été accélérées face aux risques de dégradation qualitative des fèves stockées dans des conditions inadéquates.

Sur le terrain, certains intermédiaires proposeraient des prix inférieurs – entre 1 500 et 1 800 FCFA le kilo – en violation du cadre réglementaire. Une pression qui s’exerce sur des producteurs confrontés à des besoins de liquidité immédiats, alors que la mi-campagne approche.

Cet épisode met en lumière la tension structurelle entre stabilisation des revenus agricoles et exposition aux cycles internationaux. Pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, la soutenabilité du prix garanti dépendra de l’évolution de la demande mondiale et de la capacité des autorités à absorber les chocs de marché.

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