Décryptage

Côte d’Ivoire : net ralentissement de la croissance au quatrième trimestre 2025

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Après une année dynamique, l’économie ivoirienne marque le pas en fin d’exercice. Le quatrième trimestre 2025 affiche un net ralentissement, malgré un socle de croissance toujours solide porté par les services.

La fin d’année 2025 confirme une inflexion du rythme de croissance en Côte d’Ivoire. Au quatrième trimestre, le PIB en volume, corrigé des variations saisonnières, n’a progressé que de 0,1% par rapport au trimestre précédent, contre 2,8% un an plus tôt.

En glissement annuel, la croissance s’établit à 3,4%, en recul sensible par rapport aux 5,8% enregistrés au quatrième trimestre 2024. Un signal de ralentissement conjoncturel, dans un contexte pourtant marqué par une bonne tenue globale de l’économie sur l’ensemble de l’année.

Le secteur primaire pénalisé par les tensions sur le cacao

Le secteur primaire apparaît comme l’un des principaux facteurs explicatifs de ce ralentissement. S’il affiche encore une croissance annuelle de 1,5%, il recule en rythme trimestriel (-0,4%), traduisant une perte de dynamique en fin d’année.

Ce repli s’inscrit dans un contexte de crise de la filière cacao, produit clé pour l’économie ivoirienne. Plusieurs facteurs ont perturbé le fonctionnement du secteur :

  • chute des cours mondiaux, passés d’environ 6 500 à 4 500 dollars la tonne;
  • difficultés d’écoulement des stocks, avec des volumes importants bloqués dans les zones de production et aux abords des ports;
  • tensions de liquidité dans la chaîne de valeur, affectant coopératives et producteurs.

Conséquence directe : une partie de la production n’a pas été commercialisée dans des conditions normales, pesant sur la valeur ajoutée agricole au quatrième trimestre.

Dans un pays où la filière représente environ 14% du PIB et fait vivre près d’un quart de la population, ces perturbations ont un effet macroéconomique immédiat.

Une dynamique industrielle encore insuffisante

Le secteur secondaire, en légère contraction trimestrielle (-0,2%), ne parvient pas à compenser ce ralentissement. Sa croissance annuelle de 1,5% repose essentiellement sur :

  • la forte progression de l’industrie pétrolière (+15,1%);
  • et le dynamisme des services énergétiques (+8,1%).

En revanche, les industries extractives et certaines activités manufacturières restent en retrait, illustrant les limites de la transformation structurelle de l’économie.

Le tertiaire, principal amortisseur du choc

Dans ce contexte, le secteur tertiaire joue un rôle stabilisateur. Avec une progression de 4 % sur un an, il demeure le principal moteur de la croissance.

Les services financiers (+18,3%) et les télécommunications (+8,0%) soutiennent l’activité, limitant l’impact du ralentissement agricole sur l’ensemble de l’économie.

Un signal d’alerte pour la diversification

Si la croissance annuelle reste solide, les données du quatrième trimestre envoient un signal clair aux décideurs : la dépendance aux filières agricoles d’exportation, en particulier le cacao, demeure un facteur de vulnérabilité.

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