À fin septembre 2025, le secteur de la microfinance dans l’Union monétaire ouest-africaine affiche une progression continue de la clientèle, des dépôts et des crédits.
Un secteur stable en nombre, en expansion par la clientèle
Le paysage institutionnel de la microfinance demeure inchangé dans l’UMOA. À fin septembre 2025, l’Union comptait 527 institutions de microfinance (IMF), un niveau identique à celui du trimestre précédent. En revanche, l’activité commerciale poursuit son expansion.
Les IMF desservent désormais 20 086 236 clients, contre 19 070 625 un an plus tôt, soit une progression annuelle de 5,3 %. Le réseau s’appuie sur 4 858 points de services, en légère augmentation (+0,8 %), confirmant une stratégie de consolidation plutôt que d’expansion physique rapide.
Les dépôts franchissent 2 730 milliards FCFA, portés par les grands marchés
L’encours des dépôts collectés par les IMF s’établit à 2 731,6 milliards FCFA, en hausse de 67,7 milliards FCFA par rapport au trimestre précédent (+2,5 %). Sur un an, la progression atteint 11,1 %, traduisant un renforcement de la confiance des déposants.
La croissance trimestrielle est tirée principalement par le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Burkina Faso, tandis que le Bénin et le Niger enregistrent un repli. Les dépôts à vue restent prépondérants (57 %), devant les dépôts à terme (22,6 %) et les autres formes d’épargne (20,4 %).
Malgré cette dynamique, l’épargne collectée par les IMF ne représente que 5,3 % de celle des établissements de crédit de l’Union, illustrant le potentiel de croissance encore disponible.
Une distribution de crédit en hausse, dominée par le court terme
L’encours des crédits octroyés par les IMF atteint 2 780 milliards FCFA, en hausse trimestrielle de 3,7 % et annuelle de 4,6 %. La progression est quasi généralisée, avec une contribution marquée de la Côte d’Ivoire (+5,2 %) et du Sénégal (+2,8 %).
Les crédits à court terme dominent la structure des concours (46,3 %), suivis des financements à moyen terme (34,0 %) et à long terme (19,7 %). Le montant moyen des crédits par client ressort à 138.405 FCFA, en hausse sur le trimestre (+2,6 %), mais en léger recul sur un an (-0,6 %).
Créances en souffrance : un signal de fragilité persistant
Point de vigilance majeur : la qualité du portefeuille. Les créances en souffrance atteignent 284,6 milliards FCFA à fin septembre 2025, contre 277,9 milliards FCFA trois mois plus tôt. Le taux brut de dégradation s’établit à 10,2 %, certes en léger recul trimestriel, mais très au-dessus de la norme communautaire de 3 %.
En glissement annuel, la dégradation est nette, le taux étant estimé à 8,9 % en septembre 2024. Un indicateur qui souligne les tensions structurelles du modèle, entre croissance rapide de l’activité, pression sur les marges et maîtrise du risque de crédit.