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Mobile money : roi des transferts, encore fragile dans les paiements en Afrique de l’ouest

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Dans l’UEMOA, les services financiers numériques continuent de se développer à grande vitesse. Les transactions réalisées via mobile money dépassent désormais la taille de l’économie régionale. Mais derrière cette croissance spectaculaire se cache une réalité plus contrastée : si le mobile money est devenu le principal outil pour transférer de l’argent, il reste encore marginal comme moyen de paiement du quotidien.

En 2024, les transactions réalisées via la monnaie électronique dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine ont dépassé 160 000 milliards de FCFA, un niveau supérieur au produit intérieur brut de la zone d’après le rapport sur les services financiers mobiles publié par la BCEAO.

Au total, 11 milliards d’opérations ont été enregistrées sur l’année, confirmant la place centrale prise par les portefeuilles électroniques dans les échanges financiers de la région.

Le mobile money, infrastructure des transferts

La dynamique est d’abord portée par l’augmentation rapide du nombre de comptes. En 2024, l’UEMOA comptait 248 millions de comptes de monnaie électronique, soit une progression de près de 19 % en un an.

Pour autant, tous ne sont pas actifs. Seuls 76,8 millions de comptes ont enregistré une transaction sur les trois derniers mois, soit un taux d’activité de 30,9 %.

Ce décalage traduit une phase de transition typique des marchés fintech émergents : l’accès progresse plus vite que l’usage régulier.

Une économie toujours dominée par le cash

Pour autant, cette digitalisation des transferts ne signifie pas encore la disparition des espèces.

En moyenne, près de 88 % des montants déposés sur les comptes de monnaie électronique sont retirés en liquide. Autrement dit, le portefeuille électronique sert souvent de simple canal de transit : l’argent est déposé, transféré, puis retiré en cash.

Ce phénomène illustre la place encore centrale de la monnaie fiduciaire dans les économies de la région et explique pourquoi le mobile money peine à s’imposer comme un véritable moyen de paiement quotidien.

Le paiement marchand commence à émerger

Les usages évoluent toutefois progressivement. Les paiements marchands connaissent une croissance rapide, portée notamment par la diffusion de solutions de paiement par QR code, moins coûteuses pour les commerçants.

Le nombre de points d’acceptation a ainsi fortement progressé pour dépasser 3,7 millions de commerces dans l’Union.

Cette évolution marque une transition importante : après avoir révolutionné les transferts d’argent, le mobile money commence à s’installer dans les transactions du quotidien.

Une concurrence qui s’intensifie

Cette transformation s’accompagne d’une recomposition du paysage concurrentiel.

Le marché reste dominé par les grands opérateurs télécoms, mais l’arrivée d’acteurs fintech a profondément modifié les équilibres. Wave s’est notamment imposé comme l’un des principaux challengers, profitant d’un modèle reposant sur des frais réduits qui a contribué à faire baisser les coûts des transferts.

Dans le même temps, les banques cherchent à reprendre pied dans cet écosystème en développant des passerelles entre comptes bancaires et portefeuilles électroniques.

Les banques tentent de reprendre la main

Face à la montée en puissance des fintechs et des opérateurs télécoms, les banques cherchent également à se repositionner.

Leur part dans les transactions numériques progresse, portée notamment par les passerelles entre comptes bancaires et portefeuilles électroniques et par des partenariats avec les fintechs.

Cette convergence progressive entre banques et mobile money pourrait redessiner l’écosystème financier régional.

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