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Mobile money dans l’UMOA : 164 000 milliards de FCFA de transactions, mais le paiement marchand reste marginal

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Avec 172,9 millions de comptes et plus de 164 000 milliards de FCFA de transactions en 2025, la monnaie électronique a atteint une taille considérable dans l’UMOA. Mais les paiements chez les commerçants ne représentent encore que 4,2 % des opérations en valeur, laissant entrevoir un important potentiel pour les entreprises.

Le mobile money n’est plus un marché émergent dans l’UMOA. En 2025, les transactions réalisées par l’intermédiaire des établissements de monnaie électronique ont atteint 164 169 milliards de FCFA, en hausse de 31,4 % sur un an.

Près de 11,8 milliards d’opérations ont été enregistrées au cours de l’année.

Dans le même temps, le nombre d’établissements proposant de la monnaie électronique continue d’augmenter. Ils étaient 78 à fin 2025, contre 63 un an auparavant, dont 59 banques partenaires d’opérateurs télécoms ou de prestataires techniques et 18 établissements spécialisés de monnaie électronique.

Un marché qui commence à gagner de l’argent

Les 17 EME en activité couverts par les statistiques provisoires ont enregistré 323,2 milliards de FCFA de chiffre d’affaires, en hausse de 12 %.

Leur résultat cumulé atteint 16,9 milliards de FCFA, après seulement 6,1 milliards en 2024 et deux années de pertes en 2022 et 2023.

Le secteur semble ainsi avoir franchi une étape : la croissance des volumes commence à se traduire par une rentabilité positive à l’échelle régionale.

Cette amélioration ne concerne cependant pas toutes les places. Les EME de Côte d’Ivoire et du Sénégal restent déficitaires au niveau agrégé, alors même que ces deux pays figurent parmi les principaux marchés de l’Union.

Un usage encore largement tourné vers les transferts et le cash

Malgré cette montée en puissance, la monnaie électronique reste utilisée principalement pour faire circuler de l’argent plutôt que pour régler des achats.

Les rechargements cash représentent encore 24,9 % des transactions en valeur, les retraits 24,1 % et les transferts entre particuliers 22,2 %. Ces trois catégories concentrent à elles seules 71,2 % de l’activité.

Le paiement marchand ne pèse que 4,2 %, contre 3,9 % un an auparavant.

Les transferts de particuliers vers des entreprises progressent davantage, passant de 2,6 % à 4 %, mais demeurent eux aussi minoritaires.

Pour les entreprises de distribution, de transport, de services ou de commerce en ligne, cet écart constitue autant une limite actuelle qu’une opportunité : l’infrastructure et les utilisateurs sont déjà présents, mais le paiement commercial reste peu développé par rapport aux transferts.

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Fintech et services financiers numériques en Côte d’Ivoire

Dans l’UMOA, le paiement marchand ne représente encore que 4,2 % des transactions de monnaie électronique en valeur. En Côte d’Ivoire, l’enjeu est désormais de convertir la croissance des comptes en usages réels. Découvrez la cartographie du marché, les performances des acteurs, les comportements d’usage et les modèles économiques gagnants.

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Les transferts régionaux décollent

Une autre transformation est en cours : la montée des transactions entre pays de l’Union.

Les transferts intra-UEMOA reçus depuis d’autres pays représentent désormais 10,1 % de la valeur des transactions, contre seulement 2,1 % en 2024. Les transferts émis vers d’autres pays progressent également, de 1,8 % à 3,3 %.

Cette croissance donne progressivement à la monnaie électronique une dimension régionale, au-delà des seuls usages domestiques.

Pour les entreprises présentes dans plusieurs marchés de l’UEMOA, cette évolution peut à terme faciliter certains encaissements et paiements transfrontaliers.

L’enjeu n’est plus seulement d’ouvrir des comptes

Le marché totalise 172,9 millions de comptes, mais seulement 35,1 % sont actifs. Près de deux comptes sur trois n’ont donc enregistré aucune transaction au cours des trois derniers mois.

Le même phénomène apparaît dans le réseau de distribution : 1,83 million de points de services sont recensés, mais seulement 944 397 sont actifs.

Après une décennie largement consacrée à l’expansion du réseau et au recrutement des utilisateurs, le marché entre ainsi dans une nouvelle phase. L’enjeu devient désormais de faire davantage utiliser les comptes existants et d’élargir les usages au-delà du transfert d’argent.

Pour les entreprises, c’est précisément là que pourrait se situer le prochain relais de croissance du mobile money dans l’UEMOA : faire passer la monnaie électronique du portefeuille de transfert au portefeuille de paiement.

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