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Renforcer la prise en charge de la démence dans la Région africaine

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Genève, Suisse, 17 Septembre 2026-/African Media Agency(AMA)/ – La démence s’impose progressivement comme un enjeu majeur de santé publique en Afrique, et l’on estime actuellement à 1,9 million le nombre de personnes vivant avec cette maladie dans la Région. Ce nombre devrait croître considérablement à mesure que les populations et l’espérance de vie augmentent. Au-delà de ses effets sur la santé, la démence fait peser un lourd tribut économique sur les familles et les sociétés, avec un coût d’environ 15,6 milliards de dollars américains par an dans la Région africaine. Une grande partie de cette charge incombe aux aidants non rémunérés, principalement les femmes et les membres de la famille, qui passent en moyenne 12,9 heures par jour à fournir des soins, dépassant de loin la moyenne mondiale de 7,8 heures.

Malgré cette charge croissante, la démence reste sous-diagnostiquée et ne reçoit qu’une attention limitée au sein des systèmes de santé. En 2024, aucun des 47 pays de la Région africaine de l’OMS ne disposait d’un plan national de lutte contre la démence, que ce soit en tant que cadre autonome ou intégré dans des stratégies de santé plus larges. Seuls cinq pays avaient mené des campagnes de sensibilisation du public à la démence, tandis que sept mettaient en œuvre des activités visant à réduire le risque de démence.

Dans ce contexte, les responsables du secteur de la santé de 10 pays africains se sont réunis pour discuter des mesures prioritaires à prendre pour faire progresser les efforts nationaux en vue de prévenir la démence, d’améliorer le diagnostic et d’élargir l’accès aux soins et au soutien.

Réunis à Nairobi du 14 au 16 septembre 2026 lors de l’atelier régional interpays sur la démence organisé par le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, les experts de Cabo Verde, des Comores, du Gabon, de la Gambie, du Ghana, du Kenya, du Malawi, de la République-Unie de Tanzanie, de la Zambie et du Zimbabwe ont discuté des mesures concrètes à mettre en œuvre pour renforcer la riposte nationale à la démence. Alors que les pays en sont à différents stades d’élaboration de mesures nationales de lutte contre la démence, l’atelier a fourni aux pays participants une plateforme leur permettant d’identifier les priorités communes en vue de faire progresser les efforts.

Il s’agissait notamment de lutter contre la stigmatisation et la discrimination, d’améliorer la réduction du risque de démence, de renforcer les capacités des professionnels de santé en matière de diagnostic précoce, de traitement et de soins, d’intégrer les services de lutte contre la démence dans les soins de santé primaires, de soutenir les aidants, de renforcer les systèmes de données et de surveillance, et de promouvoir la recherche pertinente au niveau local.

« La démence est une priorité de santé publique pour l’Afrique. Alors que le nombre de personnes touchées continue d’augmenter, les pays ont besoin d’orientations, d’outils et de données pour agir. Cet atelier constitue une étape importante vers le renforcement des capacités en matière de prévention, de soins et de soutien face à la démence dans la Région et vers l’amélioration de la riposte collective », a déclaré le Dr Benido Impouma, Directeur du groupe organique Promotion de la santé, prévention et lutte contre les maladies au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.

La réunion a rassemblé des professionnels de santé, des personnes ayant une expérience vécue, des aidants, des organisations de la société civile, des partenaires de développement et des établissements universitaires. Leurs points de vue variés ont permis d’identifier les lacunes des réponses existantes en matière de démence, ainsi que les moyens concrets d’élaborer et d’adapter les politiques et les services afin de répondre aux besoins des personnes atteintes de démence et de leurs familles. Les discussions ont porté sur le renforcement du dépistage précoce, du diagnostic et de l’orientation, de l’intégration de la prise en charge de la démence dans les paquets de services de santé essentiels et de l’élargissement de la formation des professionnels de santé et des travailleurs sociaux. Les participants ont également souligné l’importance de disposer de services coordonnés centrés sur la personne qui fournissent un soutien durable tout au long de l’évolution de la maladie.

La sensibilisation du public et la participation communautaire ont été identifiées comme essentielles pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination liées à la démence. Les personnes atteintes de démence et les aidants ont partagé leurs expériences, contribuant ainsi à ce que les mesures proposées reflètent leurs besoins et leurs priorités.

Les participants ont également reconnu l’importance fondamentale de disposer d’informations fiables pour pouvoir planifier et suivre les interventions nationales. En 2024, seuls 10 pays de la Région avaient communiqué des données sur la démence à l’OMS. Les discussions ont mis en lumière la nécessité d’améliorer la surveillance de la démence, de renforcer la collecte et l’utilisation de données désagrégées et de promouvoir des activités de recherche qui reflètent les contextes locaux. Les délégués continueront de s’appuyer sur les évaluations nationales réalisées avant la réunion interpays et sur les priorités abordées pendant l’atelier pour affiner les feuilles de route qui guideront l’élaboration ou la révision des politiques et des plans consacrés à la démence.

Afin de maintenir la dynamique et la collaboration au-delà de l’atelier, les participants ont créé une communauté de pratique sur la démence pour la Région africaine. Cette communauté permettra aux pays d’échanger de bonnes pratiques, de soutenir l’apprentissage par les pairs et de collaborer en vue de relever les défis communs liés à la démence.

« Cet atelier doit se traduire par des actions concrètes au niveau des pays. Notre priorité est de veiller à ce que la démence soit détectée rapidement, que les personnes concernées puissent accéder à des soins et à un soutien de qualité, et que les familles ne soient pas laissées seules face à la situation », a déclaré la Dre Catherine Wanjiku Waweru, Point focal du Plan d’action mondial intersectoriel sur l’épilepsie et les autres troubles neurologiques (IGAP) au ministère de la Santé du Kenya.

Distribué par African Media Agency (AMA) pour l’Organisation Mondiale de la Santé

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Source : African Media Agency (AMA)

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