Economie

UEMOA : croissance solide, inflation négative et vigilance sur les matières premières

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L’économie de l’UEMOA clôture 2025 sur une trajectoire de croissance robuste (+6,7 %), portée par la demande intérieure et les services. L’inflation demeure négative (-0,5 %), soutenant le pouvoir d’achat, mais la forte correction des prix des matières premières exportées, notamment le cacao et le pétrole, appelle à une gestion prudente des risques sectoriels.

À fin 2025, l’environnement économique régional reste globalement favorable, malgré des signaux contrastés. Selon la note de conjoncture de décembre, la croissance mondiale demeure soutenue par les États-Unis et la zone euro, tirée par les services, tandis que la Chine enregistre une expansion plus modérée et que l’Afrique du Sud reste en contraction.

Selon les dernières estimations, le PIB réel de l’Union progresserait de 6,7 % sur l’ensemble de l’année, après 6,2 % en 2024. Cette performance repose avant tout sur la vigueur de la demande intérieure, le dynamisme des services et la bonne tenue des activités agricoles et extractives. Les indicateurs de climat des affaires confirment cette tendance, se situant au-dessus de leur moyenne de long terme.

Toutefois, cette trajectoire favorable masque des tensions sectorielles significatives. En novembre 2025, l’indice des prix des principaux produits de base exportés par l’UEMOA a reculé de 3,8 % sur un mois, pénalisé par l’effondrement des cours du cacao, du bois et du pétrole. Le cacao, produit stratégique pour plusieurs économies de l’Union, affiche une baisse annuelle proche de 30 %, sous l’effet d’une détente réglementaire en Europe et d’une amélioration des débouchés américains.

À l’inverse, certains produits jouent un rôle stabilisateur. Les cours de l’or progressent de plus de 50 % sur un an, offrant un soutien appréciable aux pays exposés aux activités minières. Cette divergence accrue entre matières premières impose aux entreprises une lecture plus segmentée des marchés, loin d’une approche homogène de la conjoncture régionale.

Sur le plan intérieur, l’activité reste bien orientée. Le chiffre d’affaires du commerce de détail progresse, les services marchands non financiers enregistrent une croissance mensuelle soutenue et le secteur des bâtiments et travaux publics demeure un moteur clé, notamment en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Bénin. En revanche, la production industrielle marque un léger repli à court terme, reflet de tensions persistantes dans certaines branches manufacturières.

L’évolution des prix constitue un autre fait marquant de la période. L’inflation reste en territoire négatif (-0,5 % en novembre), principalement en raison de la forte baisse des prix des produits alimentaires importés. Cette situation soutient le pouvoir d’achat et la consommation, mais traduit également un environnement mondial caractérisé par une offre abondante et une demande encore prudente.

Sur le front monétaire, la BCEAO maintient une posture de stabilité. Les taux directeurs sont inchangés, tandis que les conditions de liquidité demeurent relativement tendues. Le coût du crédit bancaire amorce un léger recul dans certains pays, sans toutefois lever totalement les contraintes pesant sur l’investissement privé.

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