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UEMOA : l’excédent commercial bondit tandis que le cacao plonge de 53 %

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Les échanges extérieurs de l’UEMOA se sont nettement améliorés au deuxième trimestre 2026, portés par une hausse de 15,6 % des exportations. Cette embellie intervient toutefois dans un environnement international heurté : le pétrole s’envole de près de 40 %, le cacao chute de plus de moitié et l’or poursuit son ascension.

Le contraste est saisissant. Alors que les marchés internationaux de matières premières connaissent de fortes turbulences, les comptes extérieurs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine affichent une nette amélioration au deuxième trimestre 2026.

L’excédent commercial de l’Union a atteint 1 817,7 milliards de FCFA sur la période. En glissement annuel, le solde s’est amélioré de 1 005,4 milliards de FCFA. Les exportations ont progressé de 15,6 %, contre seulement 4,6 % pour les importations.

Cette amélioration de la balance commerciale contribue au redressement plus général des comptes extérieurs. Malgré un déficit de la balance des services de 1.652,2 milliards de FCFA, le déficit du compte courant a été ramené à 0,4 % du PIB, contre 2,5 % un an auparavant.

Le pétrole bondit de près de 40 %

Cette performance intervient pourtant dans un environnement international devenu nettement plus instable.

Les cours du Brent, du WTI et du pétrole de Dubaï, exprimés en dollars, ont augmenté en moyenne de 39,9 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025. Au trimestre précédent, leur évolution était encore nulle.

En cause : les tensions sur l’offre mondiale provoquées par le conflit au Moyen-Orient, notamment les restrictions affectant les flux d’hydrocarbures passant par le détroit d’Ormuz.

Le choc a surtout été concentré au début du trimestre. Après leur envolée initiale, les cours ont amorcé un repli à partir de mai.

Pour les économies de l’UEMOA importatrices de produits énergétiques, la hausse du pétrole constitue un risque à double détente : elle peut alourdir la facture des importations tout en alimentant les coûts du transport et de production.

Cacao et café décrochent

La volatilité ne concerne pas seulement l’énergie.

Les prix des grandes matières premières exportées par les pays de l’Union ont suivi des trajectoires très divergentes. Le cacao affiche la correction la plus spectaculaire, avec une baisse de 53,3 % sur un an. Le café recule également fortement, de 25,7 %.

À l’inverse, le caoutchouc gagne 26,4 %, le coton 17,7 % et l’huile de palmiste 9,4 %.

Ces mouvements peuvent modifier sensiblement les termes de l’échange des économies de la zone selon leur spécialisation productive. Pour les grands producteurs de cacao, notamment la Côte d’Ivoire, le retournement des cours internationaux constitue en particulier un changement de contexte majeur après la flambée observée précédemment sur le marché mondial.

L’or reste, de son côté, porté par son statut de valeur refuge. Son prix a encore augmenté de 37,6 % sur un an au deuxième trimestre, même si le rythme ralentit fortement par rapport aux 70,2 % enregistrés au trimestre précédent.

Une croissance qui résiste à 6 %

Ces chocs externes n’ont pas, à ce stade, cassé la dynamique économique régionale.

Le PIB réel de l’UEMOA a progressé de 6 % au deuxième trimestre sur un an, après 6,1 % au premier trimestre. La croissance demeure donc élevée et relativement stable.

Les services continuent d’en fournir l’essentiel, avec une contribution de 3,4 points de pourcentage. Le secteur secondaire apporte 1,6 point, tandis que le primaire contribue à hauteur de 1 point, légèrement plus que trois mois auparavant.

Parallèlement, l’inflation reste très contenue. Elle est ressortie à 0,4 %, contre -0,2 % au premier trimestre. Ce retour en territoire positif met fin à trois trimestres consécutifs de recul des prix, sans pour autant signaler une forte poussée inflationniste.

La hausse provient principalement des transports, dont les prix progressent de 2,6 %, ainsi que d’une baisse moins prononcée des produits alimentaires.

La région bénéficie en parallèle du recul du coût de plusieurs produits alimentaires importés. L’indice correspondant a diminué de 6,4 % en franc CFA, soutenu par la baisse du lait de 24,7 %, du sucre de 18 % et du riz de 12 % sur les marchés internationaux.

Les conditions monétaires se détendent

La politique monétaire reste inchangée. Le 10 juin, la BCEAO a décidé de maintenir son principal taux directeur à 3 % et le taux de prêt marginal à 5 %.

Sur les marchés, les taux ont toutefois commencé à refluer. Le taux moyen pondéré des adjudications à une semaine est passé de 3,96 % au premier trimestre à 3,35 % au deuxième, soit 61 points de base de baisse. Sur le marché interbancaire, il est revenu de 4,52 % à 4,01 %.

Le coût du crédit bancaire à l’économie évolue beaucoup plus lentement. Le taux débiteur moyen appliqué à la clientèle n’a diminué que de trois points de base, à 6,67 %.

Dans le même temps, la masse monétaire a bondi de 20,9 % sur un an à fin juin, contre 18,1 % trois mois plus tôt. Cette accélération a notamment été soutenue par une forte amélioration des actifs extérieurs nets.

Le deuxième trimestre dessine ainsi une économie régionale à deux vitesses : relativement solide sur le plan intérieur, avec une croissance de 6 % et une inflation faible, mais exposée à une volatilité internationale accrue. Entre hausse du pétrole, correction du cacao et amélioration spectaculaire du commerce extérieur, l’évolution des prix mondiaux restera l’une des principales variables à surveiller au cours des prochains mois.

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