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Bénin : Fitch maintient la note « B+ » avec une perspective positive

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L’agence de notation salue la vigueur de la croissance et la poursuite des réformes économiques. Elle relève toutefois sensiblement son estimation de la dette publique béninoise, désormais évaluée à 59,3 % du PIB en 2025.

Fitch Ratings a confirmé la note souveraine de long terme du Bénin à « B+ », assortie d’une perspective positive. Cette décision laisse entrevoir une possible amélioration de la notation si le pays poursuit la réduction de son endettement et maintient la discipline budgétaire.

L’agence met en avant plusieurs points forts de l’économie béninoise. La croissance a atteint 8,1 % en 2025 et devrait rester élevée, à 6,7 % en 2026 comme en 2027. Un rythme nettement supérieur à la moyenne anticipée pour les pays appartenant à la même catégorie de notation.

Cette dynamique repose notamment sur la progression de la production industrielle, le développement de la Zone industrielle de Glo-Djigbé, l’extension des capacités du port de Cotonou et la poursuite des investissements publics dans les infrastructures. Fitch souligne également la diversification progressive de l’économie et la résilience du pays face aux chocs extérieurs.

Une dette réévaluée à la hausse

Le principal point de vigilance concerne les finances publiques. Fitch estime désormais la dette des administrations publiques à 59,3 % du PIB en 2025, contre 51,8 % lors de sa précédente évaluation. Ce niveau dépasse la médiane de 51 % observée parmi les pays notés dans la catégorie « B ».

Cette révision résulte principalement du reclassement de plusieurs prêts rétrocédés, à la suite d’un examen mené avec l’appui du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. D’autres emprunts de l’administration centrale, jusque-là exclus des statistiques, ont également été réintégrés.

La structure de la dette reste néanmoins jugée favorable. Environ 56 % des engagements sont concessionnels et près de 80 % sont libellés en francs CFA ou en euros, ce qui limite le risque de change. Le taux d’intérêt moyen de la dette s’établissait à 3,4 % à fin 2025.

Fitch prévoit une diminution progressive du ratio d’endettement, à 56,8 % du PIB en 2027. Le changement prochain de l’année de base des comptes nationaux pourrait également réduire mécaniquement ce ratio.

Le déficit devrait se creuser en 2026

Le déficit budgétaire s’est maintenu à 3 % du PIB en 2025, conformément à la norme de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Ce résultat traduit un ajustement rapide après plusieurs années de politique budgétaire expansionniste destinées à soutenir l’activité face aux crises successives.

Fitch prévoit toutefois une hausse du déficit à 3,4 % du PIB en 2026. Les dépenses liées au cycle électoral et les subventions accordées aux engrais devraient peser sur les comptes publics, malgré la poursuite de la progression des recettes fiscales.

Un léger resserrement budgétaire est attendu en 2027. Sa concrétisation constituerait un élément déterminant pour la trajectoire de la dette et pour une éventuelle amélioration de la note souveraine du pays.

Malgré ces perspectives favorables, Fitch continue de relever plusieurs fragilités structurelles : faible revenu par habitant, poids de l’économie informelle, dépendance aux échanges avec le Nigeria et risques sécuritaires dans le nord du pays. La stabilité politique et la continuité des réformes économiques resteront donc au centre de ses prochaines évaluations.

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