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Cacao : la Côte d’Ivoire accélère sa transition vers la traçabilité intégrale avant 2027

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À trois mois de l’entrée en vigueur du Système National de Traçabilité (SNT), le Conseil Café-Cacao affiche sa confiance. Plus d’un million de cartes de producteurs ont déjà été délivrées et les premiers tests réalisés par les exportateurs portent sur près de 30 000 tonnes de cacao. Une montée en puissance qui intervient alors que la filière doit se conformer aux nouvelles exigences européennes.

Cacao : la Côte d’Ivoire accélère sa transition vers la traçabilité intégrale

La filière cacao ivoirienne entre dans une phase décisive de sa transformation. À compter du 1er septembre 2026, toutes les opérations d’achat de cacao devront être réalisées dans le cadre du Système National de Traçabilité (SNT), un dispositif destiné à répondre aux nouvelles exigences des marchés internationaux, notamment européens.

Réunis le 29 mai dernier à Abidjan, les principaux exportateurs du pays ont été rassurés sur l’état d’avancement du projet. Le directeur général du Conseil Café-Cacao, Koné Brahima Yves, a annoncé que plus de 1,01 million de cartes de producteurs avaient déjà été produites sur les 1,2 million prévues.

Cette étape est essentielle. La carte du producteur constitue le socle du nouveau système, qui vise à renforcer l’identification des producteurs et le suivi des flux de cacao depuis les plantations jusqu’aux acheteurs.

Les exportateurs valident les premiers tests

Le secteur privé semble adhérer au dispositif. Représentant le Groupement Professionnel des Exportateurs de Café et de Cacao (GEPEX), Lionel Soulard a indiqué que son entreprise avait déjà réalisé avec succès des achats portant sur près de 30 000 tonnes de cacao via le système.

Cette déclaration est significative. Elle suggère que les principaux opérateurs ont déjà commencé à tester les procédures qui deviendront obligatoires dès la prochaine campagne.

Le Groupement des Négociants Ivoiriens (GNI) et l’Union des Sociétés Coopératives Exportatrices (UCOPEXI) ont également apporté leur soutien au projet.

Des interrogations sur la gouvernance du système

L’optimisme affiché par les opérateurs n’empêche toutefois pas certains débats sur les modalités de mise en œuvre.

Le Syndicat National des Agents du Ministère de l’Agriculture (SYNAGRI) estime que la carte du producteur, bien qu’utile, ne peut à elle seule garantir une traçabilité complète. Le syndicat plaide pour une implication plus importante des services techniques de l’État dans la vérification des exploitations et la certification de l’origine des produits.

Au-delà de cette divergence, tous les acteurs s’accordent sur l’urgence de renforcer la traçabilité du cacao ivoirien. Avec l’entrée en application du règlement européen sur la déforestation prévue en janvier 2027, la capacité du pays à démontrer l’origine de sa production devient un enjeu commercial majeur.

Pour la première puissance cacaoyère mondiale, la réussite du SNT conditionnera une partie de sa compétitivité sur les marchés internationaux.

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