L’économie ivoirienne poursuit sa progression au deuxième trimestre 2026, soutenue par les services, la consommation des ménages et les exportations. Derrière cette dynamique, le recul de l’investissement et la contraction du BTP témoignent toutefois d’une croissance inégale selon les secteurs.
L’activité économique ivoirienne confirme sa trajectoire de croissance. Au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut (PIB) réel, corrigé des variations saisonnières, a progressé de 4,6 % en glissement annuel, selon les données des comptes nationaux trimestriels. Par rapport aux trois premiers mois de l’année, la hausse atteint 3,8 %.
Cette évolution repose principalement sur le dynamisme du secteur tertiaire, qui demeure le premier contributeur à la croissance économique nationale.
Les services, principal moteur de la croissance
Avec une progression annuelle de 5,4 %, le secteur tertiaire contribue à hauteur de 2,7 points de pourcentage à la croissance du PIB.
Les activités financières et d’assurance affichent une hausse particulièrement soutenue de 19,1 %, devant les services d’information et de communication (+13,8 %). Le transport progresse de 6,3 %, tandis que le commerce et les réparations enregistrent une croissance de 3,9 %.
Cette dynamique confirme le poids des services dans l’activité économique ivoirienne, notamment celui des activités financières et numériques.
Le secteur primaire affiche également une évolution favorable, avec une croissance annuelle de 4 %. Les performances de la pêche (+8,1 %), de l’agriculture vivrière (+4,9 %) et de l’agriculture d’exportation (+3,3 %) soutiennent cette progression. Sa contribution à la croissance nationale atteint 0,7 point.
Le BTP pénalise la croissance industrielle
L’évolution du secteur secondaire apparaît plus contrastée. Sa croissance annuelle se limite à 2,3 %, malgré les bonnes performances de plusieurs branches industrielles.
L’industrie pétrolière progresse de 18,4 %, la production et la distribution d’eau et d’électricité de 11,5 %, tandis que l’industrie agroalimentaire enregistre une hausse de 11,2 %.
Ces résultats sont néanmoins atténués par le repli du bâtiment et des travaux publics (BTP), dont l’activité recule de 5,9 % sur un an. Les industries extractives (-2,6 %) et les autres branches industrielles (-1,7 %) contribuent également à ralentir la progression du secteur secondaire.Au total, celui-ci apporte 0,6 point à la croissance du PIB.
La consommation soutient la demande intérieure
Du côté de la demande, la consommation finale progresse de 4,9 % en glissement annuel, portée principalement par les ménages, dont les dépenses augmentent de 5 %.
La consommation des administrations publiques progresse également de 4,7 % sur un an, sous l’effet notamment des dépenses salariales et de fonctionnement.
En revanche, l’investissement présente une évolution moins favorable. La formation brute de capital fixe (FBCF) recule de 2,7 % par rapport au deuxième trimestre 2025, malgré une légère progression de 1,1 % comparativement au trimestre précédent.
Les exportations progressent, l’excédent commercial se réduit
Les échanges extérieurs participent également à la dynamique économique. Les exportations de biens et services progressent de 5,7 % en volume sur un an, notamment grâce à la forte augmentation des ventes de cacao en fèves (+159,2 %).
Cette performance contraste avec le recul des exportations de pétrole brut (-48,6 %) et d’anacarde (-38 %).
Parallèlement, les importations augmentent de 6,4 % en volume, soutenues notamment par les achats de clinker, de produits pétroliers raffinés et de blé.
Le solde extérieur en valeur demeure excédentaire, à 1 017,4 milliards de FCFA, contre 1 292,4 milliards au trimestre précédent.
Ces résultats traduisent la poursuite de la croissance ivoirienne, mais également des disparités entre ses différents moteurs. Si les services et la consommation continuent de soutenir l’activité, le recul de l’investissement et du BTP constitue un point de vigilance pour les prochains trimestres.