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Société

Éducation en Côte d’Ivoire : pourquoi la qualité de l’école devient une urgence sociale

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Photo de Kelvin Diri: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/amis-ecole-groupe-garcons-20270337/

En Côte d’Ivoire, l’éducation s’impose désormais comme une priorité sociale majeure. Si l’accès à l’école s’est largement amélioré, les citoyens jugent aujourd’hui le système à l’aune de la qualité des apprentissages, de l’équité et de la sécurité des élèves, selon une récente enquête panafricaine.

Une priorité clairement identifiée par les Ivoiriens

L’éducation n’est plus seulement perçue comme un investissement de long terme. En Côte d’Ivoire, elle est devenue une préoccupation immédiate des ménages, au même titre que l’emploi ou le coût de la vie.
Selon les résultats du dernier round d’enquête mené par Afrobarometer, environ 23 % des Ivoiriens citent l’éducation parmi les trois problèmes prioritaires sur lesquels ils attendent une action urgente des pouvoirs publics. Un niveau conforme à la moyenne africaine, qui traduit une attente sociale forte vis-à-vis du système éducatif.

Un accès à l’école largement assuré, mais insuffisant

La Côte d’Ivoire figure parmi les pays les mieux dotés en infrastructures scolaires. Près de 96 % des zones enquêtées disposent d’une école accessible à pied, un résultat qui reflète les efforts consentis ces dernières années pour rapprocher l’école des populations, y compris en zones rurales.

Mais cet acquis quantitatif ne suffit plus à satisfaire les citoyens. Comme dans le reste du continent, seule une personne sur deux juge aujourd’hui l’action publique satisfaisante en matière d’éducation. Pour les familles, la question centrale n’est plus l’existence de l’école, mais son efficacité réelle.

Des attentes recentrées sur la qualité et les résultats

La qualité des enseignements, la capacité du système à préparer les élèves à l’insertion professionnelle et à la mobilité sociale, ainsi que les conditions d’apprentissage sont devenues des critères majeurs d’évaluation.
Les inégalités sociales continuent de peser sur les parcours scolaires : les enfants issus de ménages modestes et les populations rurales restent plus exposés au décrochage, notamment aux niveaux secondaire et supérieur.

Harcèlement scolaire : un chiffre qui fragilise la confiance

L’enquête met en lumière un point de tension particulièrement sensible. Environ 35 % des citoyens en Côte d’Ivoire déclarent que les élèves filles sont souvent ou toujours victimes de discrimination, de harcèlement ou de sollicitations sexuelles de la part d’enseignants.
Un niveau supérieur à la moyenne africaine, qui alimente les inquiétudes des familles et fragilise la confiance dans l’école publique.

Cette réalité contribue au décrochage scolaire des jeunes filles et souligne l’enjeu central de la protection des élèves dans l’évaluation globale du système éducatif.

L’éducation, principal levier contre la pauvreté

Les données confirment enfin le rôle déterminant de l’éducation dans les trajectoires économiques. Plus le niveau d’études est élevé, plus les chances d’accéder à un emploi stable augmentent, tandis que le risque de pauvreté recule nettement. Pour de nombreux ménages ivoiriens, l’école reste le principal ascenseur social disponible.

En Côte d’Ivoire, le débat éducatif est entré dans une nouvelle phase. Les efforts d’accès ont produit des résultats tangibles, mais les citoyens attendent désormais un système plus performant, plus équitable et plus sûr. La qualité de l’école, bien plus que sa seule existence, est devenue une urgence sociale.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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