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Gabon : la dérive des finances publiques inquiète Fitch

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Le Gabon continue de faire face à une équation budgétaire de plus en plus délicate. L’agence Fitch Ratings a maintenu la note souveraine du pays à « CCC- », estimant que les risques liés au refinancement de la dette et à la gestion des finances publiques demeurent élevés.

Au cœur des inquiétudes figure l’explosion du déficit public. Selon Fitch, celui-ci aurait atteint 12,2 % du PIB en 2025 sous l’effet d’une hausse massive des investissements publics, notamment dans les infrastructures.

Cette stratégie de relance par la dépense publique intervient dans un contexte où les marges budgétaires restent limitées. Le pays fait face à d’importantes échéances de remboursement sur le marché domestique comme à l’international. Fitch estime ainsi les besoins de refinancement internes à plus de 11 % du PIB dès 2026.

Pour contenir la pression financière, les autorités gabonaises multiplient les leviers de financement. Libreville s’appuie notamment sur un prêt commercial de 1 milliard de dollars conclu avec Trafigura ainsi que sur des financements multilatéraux attendus de la Banque mondiale.

Dans le même temps, le gouvernement cherche à renouer avec le Fonds monétaire international. Des discussions sont en cours pour la mise en place d’un nouveau programme avec l’institution, alors qu’un audit de la dette publique doit être finalisé d’ici juillet 2026.

L’endettement public poursuit néanmoins sa progression. Fitch prévoit une dette représentant près de 88 % du PIB en 2027, dans un scénario marqué par un repli attendu des prix du pétrole.

Au-delà des équilibres budgétaires, l’agence pointe également les fragilités structurelles du pays : dépendance aux hydrocarbures, faiblesse de la gouvernance publique et tensions sur les réserves de change régionales de la CEMAC.

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