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Le gazoduc Nigeria-Maroc veut faire de l’Afrique de l’Ouest un nouveau corridor énergétique vers l’Europe

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Photo de Ray Bran: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/systeme-de-tuyauterie-industrielle-sous-un-ciel-dramatique-34128961/

La Cedeao a apporté son soutien institutionnel au Gazoduc africain atlantique, une infrastructure de 25 milliards de dollars destinée à transporter le gaz nigérian jusqu’au Maroc. Le projet entend alimenter les économies ouest-africaines tout en ouvrant une nouvelle route d’exportation vers l’Europe.

L’Afrique de l’Ouest avance vers la création d’un vaste corridor gazier le long de sa façade atlantique. Dimanche 19 juillet, les États membres de la Cedeao ont signé à Freetown un accord intergouvernemental en faveur du gazoduc Nigeria-Maroc.

Cette signature marque une nouvelle étape pour un projet lancé il y a dix ans à l’initiative du Maroc et du Nigeria. Estimée à 25 milliards de dollars, l’infrastructure devrait parcourir près de 6 800 kilomètres et traverser treize pays côtiers, du Nigeria jusqu’au Maroc.

Le gazoduc disposerait d’une capacité annuelle de 30 milliards de mètres cubes. Jusqu’à 15 milliards seraient destinés au Maroc et aux marchés européens, via le réseau reliant le royaume à l’Espagne. L’autre moitié pourrait alimenter les économies ouest-africaines situées le long du tracé.

Le Maroc renforce sa position de carrefour énergétique

Si son débouché européen attire l’attention, la vocation du projet est également régionale. Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest restent confrontés à une offre électrique insuffisante, à des coûts de production élevés et à une dépendance aux produits pétroliers importés.

L’accès au gaz pLe Maroc renforce sa position de carrefour énergétiqueourrait soutenir le développement de nouvelles capacités électriques, mais aussi fournir une énergie plus compétitive aux industries minières, aux cimenteries, aux unités agroalimentaires et aux producteurs d’engrais.

La Côte d’Ivoire figure parmi les pays appelés à être traversés. Pour Abidjan, l’enjeu sera de transformer cette infrastructure de transit en avantage industriel, notamment à travers la construction de Le Maroc renforce sa position de carrefour énergétique, de centrales et d’unités de transformation capables d’utiliser le gaz transporté.

Sans ces investissements complémentaires, le passage du gazoduc ne suffirait pas, à lui seul, à produire des effets significatifs sur l’économie nationale.

Le Maroc renforce sa position de carrefour énergétique

Le projet comporte aussi une forte dimension géopolitique. En accueillant l’extrémité nord du gazoduc et en le reliant au réseau européen, le Maroc ambitionne de consolider son rôle de pont énergétique entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe.

Le Nigeria, de son côté, cherche à mieux valoriser ses importantes ressources gazières et à diversifier ses voies d’exportation. Le projet atlantique s’ajoute ainsi aux autres initiatives destinées à acheminer le gaz nigérian vers les marchés internationaux.

L’accord de Freetown établit le cadre politique nécessaire à la poursuite du projet, mais plusieurs étapes restent à franchir. Une société de projet doit être constituée à Casablanca tandis qu’une autorité supranationale de supervision sera installée à Abuja. La signature du Maroc et de la Mauritanie est également attendue avant la mobilisation des investisseurs et la décision finale d’investissement.

Les principales études techniques et environnementales sont désormais achevées. Les promoteurs envisagent une mise en service progressive des premiers tronçons au début des années 2030.

Entre ambition énergétique régionale et débouché européen, le Gazoduc africain atlantique pourrait modifier la carte des échanges de gaz sur le continent. Sa concrétisation dépendra toutefois de la capacité des partenaires à réunir les financements, harmoniser les réglementations et garantir la sécurité d’une infrastructure traversant treize pays.

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