Le gouvernement burkinabè a inauguré une nouvelle centrale thermique à Pabré, au nord de Ouagadougou. Construite en seulement 90 jours pour 18 milliards de FCFA, l’infrastructure doit renforcer les capacités de la Société nationale d’électricité du Burkina et accompagner l’objectif d’autonomie énergétique fixé pour 2030.
Le Burkina Faso accélère le renforcement de ses capacités nationales de production d’électricité. Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a inauguré mardi 21 juillet 2026 la centrale thermique d’urgence de Pabré, située à une vingtaine de kilomètres au nord de Ouagadougou.
D’une puissance de 50 mégawatts, l’installation a été réalisée en 90 jours, contre un délai contractuel de 120 jours, pour un investissement de 18 milliards de FCFA. Sa mise en service doit augmenter les capacités de production de la Société nationale d’électricité du Burkina, la SONABEL, et contribuer à améliorer l’offre d’électricité dans un pays régulièrement confronté à des tensions d’approvisionnement.
Au-delà de la réponse immédiate aux besoins du réseau, le projet traduit une inflexion de la politique énergétique burkinabè. Les autorités souhaitent réduire la place des importations d’électricité, jugées trop exposées aux performances des pays fournisseurs et aux perturbations extérieures.
L’exécutif ambitionne désormais de construire suffisamment de capacités domestiques pour que la production nationale dépasse, à terme, la demande intérieure. La centrale de Pabré constitue ainsi l’un des premiers jalons d’un programme plus large de développement d’infrastructures électriques.
Cette stratégie s’inscrit dans le Pacte national de l’énergie 2026-2030. Selon ce document, la dépendance du Burkina Faso vis-à-vis des capacités électriques extérieures atteignait 55 % en 2024. Le gouvernement vise sa suppression à l’horizon 2030.
Dans le même temps, Ouagadougou entend porter le taux d’électrification urbaine de 87,83 % à 100 % et faire progresser le taux d’électrification rurale de 10,21 % à 70,73 %. L’objectif est particulièrement ambitieux dans les campagnes, où l’accès à l’électricité demeure encore limité.
Le Pacte national de l’énergie prévoit plus largement de fournir un accès à l’électricité à 17,9 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030, dont plus de 11 millions vivant en milieu rural. D’un montant annoncé supérieur à 10,3 milliards de dollars, il comprend le renforcement des capacités de production et de transport, le développement des énergies renouvelables et des solutions décentralisées, ainsi que la mobilisation d’investissements privés.
La mise en service de Pabré ne représente donc qu’une première étape. Son impact économique dépendra également de la disponibilité effective des équipements, des coûts d’exploitation, des capacités du réseau de transport et de la situation financière des opérateurs publics. Autant de conditions indispensables pour transformer la puissance installée en une électricité durablement accessible aux entreprises et aux ménages.