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Microfinance dans l’UEMOA : plus de 20 millions de clients à fin 2025, selon la BCEAO

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Le secteur de la microfinance dans l’UEMOA poursuit sa progression. Selon les données publiées par la BCEAO, les institutions de microfinance ont dépassé les 20 millions de clients à fin décembre 2025, portées par la hausse des dépôts et des crédits. La Côte d’Ivoire figure parmi les marchés les plus dynamiques de l’Union.

La microfinance dépasse les 20 millions de clients dans l’UEMOA

La microfinance confirme son expansion en Afrique de l’Ouest. A fin décembre 2025, les institutions de microfinance (IMF) de l’UEMOA comptaient 20,38 millions de clients, contre 19,12 millions un an plus tôt, soit une hausse annuelle de 6,6%, selon la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Le secteur s’appuie désormais sur un réseau de 4.838 points de services répartis dans les huit pays de l’Union. Malgré une légère baisse du nombre d’IMF, 524 institutions contre 527 au trimestre précédent, la finance décentralisée continue de renforcer son rôle dans l’inclusion financière régionale.

Cette progression traduit la place croissante des institutions de microfinance dans le financement des ménages, des commerçants et des très petites entreprises, notamment dans les économies encore largement dominées par l’informel.

Dépôts et crédits en forte hausse en 2025

Les dépôts collectés par les IMF de l’UEMOA ont atteint 2.793 milliards de FCFA à fin décembre 2025, en hausse de 13,6% sur un an. Sur le seul quatrième trimestre, les dépôts ont progressé de 58,4 milliards de FCFA (+2,1%).

Dans le même temps, les crédits octroyés par les institutions de microfinance se sont établis à 2.937 milliards de FCFA, soit une augmentation annuelle de 9%. La hausse trimestrielle ressort à 152 milliards de FCFA (+5,5%).

Le montant moyen des dépôts par client atteint 137.062 FCFA, tandis que le montant moyen des crédits ressort à 144 135 FCFA.

Ces chiffres montrent que les IMF jouent un rôle de plus en plus important dans le financement de l’économie réelle, au-delà de leur fonction traditionnelle de collecte d’épargne.

La Côte d’Ivoire parmi les moteurs de la microfinance dans l’UEMOA

La Côte d’Ivoire figure parmi les principaux moteurs de croissance de la microfinance dans l’Union.

Au quatrième trimestre 2025, le pays enregistre une hausse de 41,7 milliards de FCFA des dépôts collectés (+6,1%), l’une des plus fortes progressions de l’UEMOA.

Les crédits suivent la même tendance avec une augmentation de 40,9 milliards de FCFA (+5,7%) sur la période.

Selon les graphiques publiés par la BCEAO, la Côte d’Ivoire fait partie des marchés les plus importants de la microfinance ouest-africaine, aux côtés du Sénégal et du Burkina Faso.

Le risque de crédit reste le principal défi des IMF

La BCEAO souligne toutefois que la gestion du risque de crédit demeure l’un des principaux défis du secteur de la microfinance dans l’UEMOA.

Le portefeuille des IMF reste majoritairement composé de crédits de court terme, qui représentent 45,8% des financements accordés.

Cette structure reflète la forte demande de financement de trésorerie des ménages et des petits commerçants dans les économies locales.

Autre enseignement du rapport : les femmes restent moins présentes dans le système. Elles représentent 24,2% de l’épargne mobilisée et 31,5% des crédits distribués par les IMF de l’Union.

Une amélioration de la qualité du portefeuille des institutions de microfinance

Le principal signal positif concerne l’amélioration de la qualité du portefeuille de crédits.

Les créances en souffrance des IMF ont reculé de 23,7% au quatrième trimestre 2025, passant de 287,2 milliards FCFA à 219 milliards FCFA.

Le taux brut de dégradation du portefeuille est ainsi revenu à 7,5%, contre 10,3% au trimestre précédent et 8,9% un an plus tôt.

Cette amélioration traduit un assainissement progressif du secteur après plusieurs années marquées par les tensions économiques et les difficultés de remboursement.

Malgré cette dynamique, la microfinance représente encore une part limitée du système financier régional, avec 5,1% des dépôts et 7,6% des crédits de l’ensemble des établissements de crédit de l’UEMOA.

Le potentiel de croissance du secteur reste donc important dans les prochaines années, notamment sur les segments de l’inclusion financière et du financement des petites activités économiques.

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