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Trafic aérien mondial : l’Afrique surperforme à l’heure du ralentissement global

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Tandis que les marchés historiques ralentissent, l’Afrique enregistre la plus forte croissance du nombre de passagers au monde. Un basculement qui place le continent au cœur des enjeux du transport aérien, entre opportunité économique et défis structurels pour les compagnies et les États.

Le trafic aérien mondial ralentit, l’Afrique accélère

Après l’euphorie de la reprise post-Covid, le transport aérien mondial entre dans une phase de normalisation. En 2025, le trafic passagers progresse de 5,3 %, contre près de 14 % un an plus tôt. La dynamique reste solide, mais plus sélective. Le trafic international demeure le principal moteur, tandis que plusieurs grands marchés domestiques, notamment aux États-Unis, montrent des signes de fatigue.

Dans ce contexte, un fait tranche nettement : la croissance du trafic ne vient plus des marchés matures, mais des régions émergentes. Et au premier rang d’entre elles, l’Afrique.

L’Afrique, première région mondiale en croissance du trafic

Avec une hausse de 9,4 % du trafic passagers en 2025, les compagnies africaines enregistrent la meilleure performance mondiale. En décembre, la progression atteint même 12,8 % sur un an, portée principalement par les liaisons internationales.

Cette dynamique reflète plusieurs tendances structurelles : reprise des flux touristiques, montée en puissance des hubs régionaux, et renforcement des liaisons entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Contrairement à l’Amérique du Nord, où le trafic stagne, ou à l’Asie-Pacifique, désormais en phase de ralentissement, l’Afrique continue de capter une demande en expansion.

Une croissance rapide, mais encore peu rentable

Cette accélération s’accompagne toutefois de fragilités. Les capacités augmentent très rapidement (+8,3 % sur l’année), plus vite que la demande sur certains segments. Résultat : le taux de remplissage reste le plus faible au monde, autour de 75 %, loin des niveaux européens.

Pour les dirigeants du secteur, l’enjeu n’est donc plus la croissance en volume, mais la qualité de la croissance : amélioration des taux d’occupation, rationalisation des flottes, discipline tarifaire.

Un enjeu stratégique pour les économies africaines

Au-delà des compagnies aériennes, le dynamisme du trafic constitue un signal fort pour les économies africaines. Le transport aérien est un levier direct pour le tourisme, le commerce, l’attractivité des investissements et l’intégration régionale.

Mais cette croissance reste largement tirée par l’international. Le marché intra-africain, encore fragmenté et coûteux, peine à jouer son rôle d’amortisseur et de relais. Sans progrès concrets sur la libéralisation du ciel africain et les infrastructures, le risque est clair : une croissance captée, mais pas maîtrisée.

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