En alignant sa politique tarifaire sur les nouvelles règles de la CEDEAO, la Côte d’Ivoire réduit et harmonise ses redevances aéronautiques. Objectif : soutenir Air Côte d’Ivoire et repositionner Abidjan comme hub régional.
Le gouvernement ivoirien revoit à la baisse les coûts du transport aérien. À travers un décret modifiant le dispositif instauré en 2018 sur la redevance de sécurité, les autorités engagent une réforme plus large des redevances aéronautiques.
Cette évolution répond à une exigence d’alignement avec l’acte communautaire adopté fin 2024 par la CEDEAO, qui impose une harmonisation des politiques tarifaires dans le secteur aérien à l’échelle régionale.
Dans les faits, la réforme introduit une réduction et une standardisation des redevances appliquées aux passagers, à la sûreté et à la sécurité, avec une différenciation selon les zones de trafic : domestique, Afrique hors CEDEAO et international hors Afrique.
Le principal levier concerne néanmoins les liaisons intra-CEDEAO, pour lesquelles une baisse de 25 % des redevances passagers et sûreté est instaurée. Un signal prix destiné à soutenir la demande sur un segment encore sous-exploité, malgré son potentiel de croissance.
Pour les opérateurs du secteur, cette révision tarifaire pourrait contribuer à améliorer les coefficients de remplissage et à stimuler l’ouverture de nouvelles lignes régionales. Elle s’inscrit également dans une stratégie de soutien à Air Côte d’Ivoire, dont la compétitivité reste étroitement liée au niveau des charges aéroportuaires.
À moyen terme, l’enjeu dépasse le seul transport aérien : il s’agit de renforcer l’intégration économique régionale en facilitant la circulation des personnes et des échanges au sein de l’espace ouest-africain.