Les banques de l’UEMOA ont distribué davantage de crédits en 2025, avec 22 857,9 milliards de FCFA de nouveaux financements, soit une hausse de 6 %. Mais cette progression masque un recul marqué des crédits à l’équipement et à l’immobilier, tandis que la trésorerie demeure le premier usage des concours bancaires.
En 2025, les banques de l’Union ont mis en place 22 857,9 milliards de FCFA de crédits, contre 21 558,2 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 6 %. Cette dynamique confirme le renforcement de l’offre de financement bancaire dans la région. Mais derrière cette croissance globale se dessine une évolution plus contrastée.
Les financements destinés à l’équipement reculent de 12,4 %, tandis que ceux consacrés à l’immobilier diminuent de 15,6 %. Les crédits à l’exportation chutent encore plus fortement, de 56,4 %. À l’inverse, les crédits destinés aux besoins divers progressent de 38,7 %, ceux à la consommation de 7,2 % et les concours de trésorerie de 5 %.
La trésorerie reste au cœur du financement bancaire
La structure des nouveaux crédits reste largement dominée par les besoins de fonctionnement.
En 2025, les crédits de trésorerie représentent 47,2 % des concours bancaires, contre 47,7 % en 2024. Ils sont suivis des prêts pour usages divers, qui pèsent désormais 21,8 % du total, puis de la consommation à 13,1 %.
À l’inverse, la part des crédits à l’équipement tombe à 11,8 %, contre 14,3 % un an plus tôt. Celle de l’immobilier recule à 5,4 %, contre 6,8 % en 2024.
Autrement dit, la hausse du crédit bancaire ne se traduit pas par une montée en puissance des financements directement orientés vers l’investissement productif ou immobilier.
Un système bancaire encore très court-termiste
Cette structure se retrouve aussi dans la maturité des crédits.
Les prêts à court terme représentent toujours 73,1 % des crédits mis en place en 2025, contre 75 % en 2024. Le moyen terme ne pèse que 11,5 %, malgré une progression de 26,9 % sur un an, tandis que le long terme représente 15,4 %.
Le système bancaire de l’UEMOA reste ainsi principalement orienté vers le financement du cycle d’exploitation et des besoins immédiats, davantage que vers des engagements de financement longs.
Des conditions de crédit plus favorables, mais pas pour tous les usages
La baisse du coût moyen du crédit n’a pas non plus bénéficié de la même manière à tous les segments.
Le taux débiteur moyen dans l’UEMOA est revenu de 6,76 % en 2024 à 6,69 % en 2025. Mais les taux appliqués aux crédits immobiliers ont, eux, progressé de 6,29 % à 6,67 %, soit +38 points de base. Les crédits à l’équipement voient également leur taux augmenter légèrement, de 7,04 % à 7,06 %. À l’inverse, le taux des crédits à la consommation recule fortement, de 8,15 % à 7,31 %.
Cette évolution renforce le contraste entre une amélioration générale des conditions de financement et un environnement moins favorable pour certains crédits liés à l’investissement.
Le crédit progresse, mais sa structure reste un enjeu
La hausse des volumes de crédit constitue un signal positif pour l’activité économique dans l’Union. Mais les données de la BCEAO montrent que l’enjeu n’est plus seulement quantitatif.
La question porte désormais sur la capacité du système bancaire à orienter davantage de ressources vers l’équipement, l’immobilier et les investissements de moyen et long terme, indispensables à la transformation productive des économies de l’UEMOA.