Hausse de certaines taxes, fin d’exonérations, nouvelles obligations déclaratives mais aussi mesures de simplification : l’annexe fiscale 2026 redessine le cadre fiscal des entreprises en Côte d’Ivoire.Tour d’horizon des principaux changements à intégrer dès 2026.
Entrée en vigueur le 5 janvier 2026, l’annexe fiscale annexée à la loi de finances n°2025-987 du 19 décembre 2025 traduit la volonté de l’État ivoirien de renforcer la mobilisation des recettes fiscales, tout en poursuivant la modernisation des procédures.
Pour les entreprises, l’enjeu est double : absorber de nouvelles charges et tirer parti des dispositifs de simplification lorsqu’ils existent.
Pour illustrer ces changements, prenons le cas de Koffi, dirigeant d’une PME, confronté comme beaucoup d’entrepreneurs à la nécessité de s’adapter rapidement à un environnement fiscal en évolution.
Des mesures qui peuvent alourdir la facture des entreprises
Premier changement concret pour Koffi : l’instauration d’une retenue à la source de 7,5 % sur les rémunérations versées à certains intervenants non-salariés du secteur culturel et médiatique. Il s’agit des acteurs, animateur radio, chroniqueur, humoristes, etc. Ce n’est pas l’acteur qui prélève l’impôt, c’est le payeur (PME, entreprise, maison de production) qui doit retenir et reverser les 7,5 % à l’État.
Autre évolution notable, la suppression d’exonérations de TVA sur les aliments pour bétail et certains intrants agricoles, remplacées par un taux réduit de 9 %. Pour les acteurs de l’élevage et de l’agro-industrie, la hausse des coûts de production est difficile à éviter.
Les PME utilisant l’affacturage devront également revoir leurs calculs : ces opérations sont désormais soumises à la TVA au taux de 18 %.Cette mesure vient potentiellement augmenter le coût du financement des créances commerciales, pourtant souvent utilisé par les PME pour améliorer leur trésorerie..
Dans le tourisme, le tour de vis est assumé. La taxe pour le développement touristique passe à 2,5 %. De plus, Une taxe communale de nuitée est également instaurée pour les établissements hôteliers et les résidences meublées. , comprise entre 500 et 2 000 FCFA par nuit selon les établissements hôteliers (critère de classement des hôtes par nombres d’étoiles) .
Des mesures qui simplifient (enfin) le quotidien des PME
Pour Koffi, dirigeant de PME, l’annexe fiscale 2026 apporte aussi des mesures de simplification longtemps attendues par les petites entreprises.
Avancée très attendue par les entrepreneurs, les paiements effectués par mobile money ne sont plus assimilés à des paiements en espèces. Ils deviennent pleinement déductibles, au même titre que les paiements bancaires, simplifiant la gestion fiscale des dépenses courantes.
Enfin, les petites entreprises bénéficient d’un allègement du calendrier fiscal. La taxe de l’entreprenant et l’impôt des microentreprises ne sont plus exigibles mensuellement, mais trimestriellement, améliorant la visibilité de trésorerie et réduisant la pression administrative.
Une conformité fiscale plus exigeante
Pour Koffi, qui envisage de diversifier une partie de ses activités, l’annexe fiscale 2026 confirme la logique d’incitations ciblées de l’État en faveur de secteurs jugés stratégiques. Les startups numériques labellisées bénéficient ainsi d’une exonération fiscale pendant trois ans, couvrant l’impôt sur les bénéfices, l’impôt des microentreprises ou la taxe de l’entreprenant, ainsi que certains impôts financiers.
Dans l’agriculture, les exploitants ayant opté pour la TVA peuvent désormais déduire 95 % de la TVA sur le gasoil, les huiles et les graisses utilisés pour les engins agricoles. Un dispositif qui, pour Koffi comme pour d’autres entrepreneurs du secteur, vise à réduire les coûts d’exploitation, sous réserve du respect des conditions d’assujettissement à la TVA.
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