Portées par une demande chinoise toujours plus soutenue, les exportations de bauxite de la Guinée ont atteint un niveau record en 2025. Cette performance conforte la position du pays comme premier fournisseur mondial, tout en ravivant les débats sur la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
La Guinée a exporté 182,8 millions de tonnes de bauxite en 2025, soit une hausse de 25 % sur un an selon Reuters. Un record qui confirme la domination du pays ouest-africain sur le marché mondial de l’aluminium, dans un contexte de forte demande asiatique.
Près de 74 % des cargaisons ont été destinées à la Chine, d’après les statistiques douanières chinoises. Pékin renforce ainsi son emprise sur les ressources minières guinéennes, déjà marquée par sa participation majoritaire dans le gigantesque projet de fer de Simandou.
Au total, 23 entreprises minières ont exporté de la bauxite en 2025. Le groupe chinois Chalco arrive en tête avec 22,1 millions de tonnes, devant la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) – contrôlée notamment par Rio Tinto et Alcoa – avec 17,4 millions de tonnes. Les groupes SMB et AGB2A/SDM affichent également des volumes élevés, à 17 millions de tonnes chacun.
Si les expéditions ont ralenti au second semestre, elles ont néanmoins progressé de 16 %, atteignant 84 millions de tonnes sur la période. Côté demande, les importations chinoises de bauxite ont bondi de 26,4 % en 2025, à 200,5 millions de tonnes, largement alimentées par la Guinée.
Mais cette montée en puissance a contribué à une pression à la baisse sur les prix mondiaux. En Chine, les cours de l’alumine à Shanghai ont chuté de 48 % sur les dix premiers mois de 2025, Pékin ayant plafonné ses capacités de fusion.
Face à cette dépendance aux exportations brutes, le gouvernement guinéen entend accélérer le développement de raffineries d’alumine locales et d’unités de transformation du minerai de fer.