Lancé il y a plus de dix ans, le projet de Zone économique spéciale d’Adzopé doit accompagner la transformation locale des matières premières agricoles. L’État promet d’accélérer sa réalisation et d’étendre l’activité industrielle au-delà d’Abidjan.
La Côte d’Ivoire remet la Zone économique spéciale d’Adzopé au centre de sa stratégie industrielle. Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, a visité le site de 432 hectares le 17 juin, alors que les autorités préparent le Plan national de développement 2026-2030.
Le projet, lancé en 2015, doit accueillir des activités industrielles et favoriser la transformation locale des principales productions agricoles du pays. Le gouvernement estime qu’il pourrait attirer près de 225 milliards de FCFA d’investissements et créer environ 51 000 emplois.
Un projet destiné à déconcentrer l’industrie
L’enjeu dépasse le seul développement de la région de la Mé. La future zone doit participer à une meilleure répartition géographique des investissements industriels, encore largement concentrés dans le District autonome d’Abidjan.
Le gouvernement prévoit de développer des zones industrielles dans les régions et des zones économiques spéciales à l’échelle des districts. Cette politique doit rapprocher les unités de transformation des bassins agricoles, réduire certains coûts logistiques et créer des emplois en dehors de la capitale économique.
Adzopé bénéficie, à ce titre, de sa proximité avec Abidjan et de son implantation dans une région disposant d’importantes ressources agricoles.
L’électricité, première infrastructure stratégique
La visite ministérielle a notamment porté sur les installations énergétiques construites par CI-Énergies. Un poste source électrique comprenant cinq départs est en cours de réalisation. Trois lignes doivent être exclusivement consacrées à l’alimentation de la zone industrielle.
La disponibilité d’une énergie suffisante et stable sera déterminante pour attirer les industriels. Elle devra toutefois être accompagnée d’infrastructures routières, logistiques et de services permettant aux entreprises de démarrer leurs activités dans des conditions compétitives.
À ce stade, le gouvernement n’a pas communiqué de nouvelle échéance pour l’achèvement du projet ni présenté la liste des investisseurs déjà engagés.
L’électricité, première infrastructure stratégique
La relance de la zone d’Adzopé traduit la volonté des autorités de faire évoluer le modèle économique ivoirien. Le pays ambitionne de ne plus être uniquement un grand producteur agricole, mais de devenir un acteur majeur de la transformation de ses matières premières.
Cette stratégie vise à retenir une part plus importante de la valeur ajoutée sur le territoire national, à développer les exportations de produits transformés et à renforcer le tissu industriel local.
La réussite du projet dépendra cependant de la capacité de l’État à finaliser les infrastructures, à sécuriser le foncier et à concrétiser les annonces d’investissement. Le ministre a, sur ce dernier point, assuré que les discussions se poursuivraient avec les communautés et les propriétaires terriens concernés.