La conjoncture économique de l’UEMOA en ce début d’année 2025 reflète des tendances divergentes : alors que les cours des matières premières exportées par la région explosent, la BCEAO reste vigilante face à un marché interbancaire en repli et une inflation contenue. Un équilibre fragile qui interroge sur la dynamique de croissance à venir.
Les pays de l’UEMOA bénéficient actuellement d’une conjoncture favorable sur les marchés des matières premières. Le cacao, le café et la noix de cajou enregistrent des hausses de prix spectaculaires (+140,5%, +76,5% et +62,5% respectivement), offrant des perspectives de recettes solides pour les exportateurs. En parallèle, l’or (+33,1%) et le caoutchouc (+25,9%) poursuivent leur progression, tandis que le coton subit une correction (-17,9%).
Sur le volet des importations, la baisse des prix alimentaires (-5,0%) allège la facture extérieure des États de la région, avec des replis notables sur le sucre (-14,1%), le riz (-13,8%) et le blé (-4,3%). Toutefois, cette tendance est contrebalancée par la hausse des huiles (+43,3%) et du lait (+26,8%), impactant certains secteurs de l’industrie agroalimentaire.
À l’échelle régionale, la BCEAO a réduit son refinancement bancaire, entraînant une contraction du marché interbancaire (-22,9% en volume hebdomadaire moyen). Si cette baisse traduit une certaine prudence des établissements financiers, elle pourrait limiter l’accès au crédit et ralentir l’investissement.
Le climat des affaires reste stable (indice à 100,7), et les principaux indicateurs d’activité affichent une croissance modérée. L’indice de la production industrielle progresse de 10,5%, et le chiffre d’affaires des services marchands enregistre une hausse de 3,4%, bien qu’en ralentissement.
L’inflation, quant à elle, reste contenue à 2,5%, soutenue par un recul des prix du logement et des services. Toutefois, la hausse des prix des denrées alimentaires pourrait fragiliser cet équilibre dans les prochains mois.