Après une année 2023 marquée par un net ralentissement, l’économie de la CEMAC peine à retrouver son souffle. Le FMI, qui vient de conclure ses entretiens annuels avec la région, appelle à une action rapide pour éviter un essoufflement durable. Rééquilibrage budgétaire, discipline monétaire et diversification : les défis restent nombreux pour assurer la stabilité économique.
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est à un tournant décisif. En 2023, l’économie régionale a subi un ralentissement marqué, avec une croissance du PIB réel limitée à 2,5 %, sous l’effet d’une contraction de la production pétrolière et d’un affaiblissement de la position extérieure. La reprise amorcée en 2024 (+3,2 %) reste fragile et largement dépendante du secteur des hydrocarbures, alors que la couverture des réserves de change demeure insuffisante.
Face à cette situation, le Fonds monétaire international (FMI) a insisté, lors de la conclusion de ses entretiens annuels avec la CEMAC le 24 février 2025, sur la nécessité d’une discipline budgétaire accrue et d’une accélération des réformes structurelles. Malgré des engagements forts pris par les chefs d’État lors du sommet extraordinaire de décembre 2024, des signaux d’alerte persistent : inflation élevée (4,3 % en septembre 2024), non-atteinte des objectifs de réserves extérieures et pressions budgétaires grandissantes.
Le FMI rappelle que la trajectoire économique de la CEMAC dépendra de la mise en œuvre effective des réformes. Si l’institution prévoit une croissance de 3,6 % d’ici 2029, cette prévision repose sur l’hypothèse d’une diversification économique réussie et d’un cadre de gouvernance renforcé. Or, plusieurs menaces pèsent sur la région : instabilité politique, volatilité des prix des matières premières et ralentissement des investissements.
Pour éviter un enlisement, la BEAC maintient une politique monétaire prudente, mais les défis restent nombreux. La gestion des banques en difficulté, l’amélioration du climat des affaires et la modernisation des infrastructures financières seront déterminantes pour ancrer la reprise. À l’heure où la pression internationale s’intensifie, les pays membres devront démontrer leur capacité à transformer les engagements en actions concrètes.