Le Sénégal a lancé deux projets industriels majeurs dans la région de Dakar, combinant zone industrielle privée et agro-industrie. À la clé : 143 milliards de francs CFA d’investissements et une volonté affichée de renforcer la production locale et l’attractivité industrielle du pays.
Mardi 27 janvier 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a donné le coup d’envoi de deux projets structurants dans la région de Dakar, illustrant la montée en puissance de l’investissement privé dans l’appareil productif national.
Le premier concerne la zone industrielle de Bargny-Sendou, développée par Senegindia SA. Implantée sur 276 hectares, elle doit accueillir entre 400 et 450 unités industrielles pour un investissement supérieur à 83 milliards de francs CFA (environ 150 millions de dollars). À terme, le projet prévoit la création de 22 000 à 24 000 emplois, dans des secteurs allant de la transformation industrielle aux services connexes.
Cette initiative marque une rupture : pour la première fois au Sénégal, une zone industrielle est portée par un acteur privé. Jusqu’ici, l’aménagement de ce type d’infrastructures relevait essentiellement de l’État et des collectivités territoriales. Pour les entreprises, cette évolution ouvre la voie à de nouveaux modèles de partenariats et à une offre foncière industrielle élargie.
Le second projet concerne l’inauguration de la raffinerie agroalimentaire Mavamar Industrie SA, implantée à Rufisque sur un site de 23 hectares. D’un coût de 60 milliards de francs CFA, l’unité est spécialisée dans la production d’huiles alimentaires, avec une capacité annoncée de 600 tonnes par jour. Elle intègre également une centrale solaire de 14 hectares, traduisant une volonté d’intégrer les enjeux énergétiques dans le développement industriel.
Ces deux investissements s’inscrivent dans le cadre de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui place l’industrialisation, la transformation locale et la souveraineté économique au cœur de la politique publique. L’exécutif entend ainsi renforcer la création de valeur ajoutée sur place et réduire la dépendance aux importations, notamment dans les filières agro-industrielles.
Pour les acteurs économiques, le signal est clair : l’État se positionne comme stratège, tandis que le secteur privé est appelé à devenir le principal moteur de la croissance industrielle, autour de Dakar mais aussi, à terme, dans les autres régions du pays.