Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la septième revue des programmes appuyés par le mécanisme élargi de crédit (MEDC) et la facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que la quatrième et dernière revue au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat d’environ 118 millions de dollars, soit près de 65,5 milliards de F CFA, et conforte la trajectoire budgétaire et de réformes du pays.
Le Bénin consolide son partenariat avec le FMI dans un contexte macroéconomique jugé solide. L’achèvement des revues permet un décaissement de 36,3 millions de dollars (environ 20,1 milliards de F CFA) au titre du MEDC et de la FEC. Le cumul des montants perçus dans ce cadre depuis 2022 atteint désormais près de 664,7 millions de dollars, soit environ 368,9 milliards de F CFA.
À ce soutien s’ajoutent 81,6 millions de dollars (environ 45,3 milliards de F CFA) au titre de la FRD, portant le total des décaissements dans ce volet consacré à la résilience climatique et à la soutenabilité extérieure à environ 204 millions de dollars, soit près de 113,2 milliards de F CFA.
Sur le plan budgétaire, l’assainissement engagé a permis de ramener le déficit public à 3,1 % du PIB en 2024, grâce à une mobilisation soutenue des recettes fiscales et à la préservation des dépenses sociales prioritaires. La loi de finances 2026 vise à maintenir le déficit sous le seuil communautaire de 3 % du PIB fixé par l’UEMOA, traduisant la volonté des autorités de consolider la discipline budgétaire.
La croissance demeure dynamique. Elle est projetée à 7,5 % en 2025, dans le prolongement du rythme observé en 2024, portée notamment par la montée en régime des zones économiques spéciales, dont la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Le déficit courant s’est réduit en 2024 après la détérioration liée aux importations de services professionnels ; il devrait continuer à s’améliorer à mesure que les exportations progressent.
La dette de l’administration centrale a été révisée à 60,5 % du PIB à fin 2024, à la suite du reclassement de certains prêts extérieurs auparavant portés par des entreprises publiques. Cette révision statistique n’altère pas l’appréciation du risque de surendettement, qui reste qualifié de modéré, mais elle appelle à une vigilance accrue en matière de gestion de la dette et de surveillance des entreprises publiques.
Au-delà des équilibres macroéconomiques, le FMI souligne les avancées structurelles réalisées dans le cadre de la FRD : adoption d’une nouvelle réglementation des finances publiques liées au climat, réforme des tarifs de l’eau, déploiement d’un dispositif d’assurance agricole, renforcement de la protection sociale et amélioration de l’architecture de l’information financière climatique.
Pour l’institution, l’enjeu est désormais de préserver la discipline budgétaire, de renforcer la transparence des finances publiques et d’approfondir les réformes favorisant la formalisation de l’économie et le développement des PME. L’objectif : transformer une croissance robuste en progrès durable et inclusif, tout en consolidant la viabilité de la dette et la stabilité extérieure.
Taux de conversion utilisé
1 USD = 554,98 F CFA (au 1er mars 2026)
You must be logged in to post a comment Login