Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont amélioré ces dernières années leur cadre juridique en matière de droits économiques des femmes. Mais selon le rapport « Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2026 » de la Banque mondiale, l’application de ces droits reste freinée par des politiques publiques et des institutions encore insuffisantes.
Des avancées juridiques pour les droits économiques des femmes
Dans plusieurs économies d’Afrique de l’Ouest, le droit des femmes à participer pleinement à l’activité économique s’est progressivement renforcé. Les réformes adoptées ces dernières années ont contribué à améliorer le cadre juridique encadrant l’accès des femmes au travail, à l’entrepreneuriat ou encore à certaines protections économiques.
Selon le rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2026 publié par la Banque mondiale, certains pays de la région se distinguent par un cadre juridique relativement favorable aux droits économiques des femmes. Le Togo (79,33) et la Côte d’Ivoire (78,25) figurent ainsi parmi les économies les mieux classées en Afrique de l’Ouest sur cet indicateur. Ils devancent notamment le Bénin (67,60) et le Burkina Faso (67,40), tandis que le Nigeria (51,10) et le Mali (50,33) présentent des scores plus faibles.
Ces résultats témoignent des progrès réalisés dans la reconnaissance légale de l’égalité économique entre les femmes et les hommes. Dans plusieurs pays de la région, les lois garantissent désormais davantage de droits aux femmes en matière d’emploi, d’accès à certaines professions ou encore de création d’entreprise.
Un déficit d’institutions pour appliquer les droits des femmes
Le rapport souligne également un décalage important entre les avancées juridiques et leur mise en œuvre effective. Les cadres d’appui, qui mesurent l’existence de politiques publiques, d’institutions et de programmes destinés à faciliter l’exercice des droits économiques des femmes, restent particulièrement faibles dans plusieurs économies ouest-africaines.
En Côte d’Ivoire, par exemple, le score des cadres d’appui atteint 32,92, tandis qu’au Sénégal il s’établit à 26,55. Ces niveaux traduisent les limites des dispositifs institutionnels permettant aux femmes de transformer leurs droits économiques en opportunités concrètes dans l’économie formelle.
Dans la pratique, de nombreuses entrepreneures continuent de se heurter à des obstacles structurels. L’accès au financement demeure difficile, les dispositifs d’accompagnement des entreprises restent limités et les infrastructures sociales, notamment les services de garde d’enfants, sont encore peu développées.
L’enjeu : transformer le droit des femmes en opportunités économiques
Même dans les grandes économies de la région, l’écart entre la loi et la réalité demeure marqué. Au Nigeria, première économie du continent, le score relatif à l’application effective des lois sur les droits économiques des femmes atteint seulement 34,33, ce qui souligne les défis persistants en matière de mise en œuvre.
Pour la Banque mondiale, l’enjeu en Afrique de l’Ouest n’est donc plus seulement de renforcer les droits des femmes dans la loi, mais de créer un environnement économique et institutionnel capable de permettre leur exercice réel. Le développement de politiques publiques favorisant l’entrepreneuriat féminin, l’amélioration de l’accès au financement et le renforcement des institutions apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour soutenir la participation des femmes à la croissance économique de la région.
Scores du rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2026