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Financement de l’Afrique : Nairobi veut convaincre les marchés de revoir leur perception du risque

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Au sommet Africa Forward organisé au Kenya, les dirigeants africains ont appelé à une réforme des mécanismes internationaux de crédit afin de réduire le coût du financement sur le continent. Une priorité jugée essentielle pour accélérer les investissements et soutenir la croissance.

Le financement de l’économie africaine était au cœur des discussions mardi à Nairobi, lors de la deuxième journée du sommet Africa Forward réunissant plus de trente dirigeants africains autour du président français Emmanuel Macron.

Les chefs d’État présents ont insisté sur la nécessité de revoir les critères d’évaluation du risque appliqués aux économies africaines par les marchés financiers et les agences de notation internationales.

Pour le président kényan William Ruto, les difficultés du continent ne proviennent pas d’un manque de capitaux disponibles à l’échelle mondiale, mais d’un système financier international qui considère encore l’Afrique comme une zone à haut risque.

Cette perception se traduit par des taux d’intérêt plus élevés pour les États et les entreprises africaines, limitant leur capacité à financer les infrastructures, l’énergie ou l’industrialisation.

Face à ce constat, Emmanuel Macron a plaidé pour la mise en place d’un mécanisme de garantie publique permettant de couvrir une partie des pertes potentielles sur les investissements réalisés en Afrique. Ce type d’outil vise à rassurer les investisseurs internationaux et à fluidifier les flux de capitaux vers le continent.

Selon le président français, le sommet de Nairobi a déjà permis de mobiliser 23 milliards d’euros d’investissements. Paris cherche ainsi à renforcer sa présence économique en Afrique dans un contexte de concurrence accrue avec d’autres partenaires internationaux, notamment la Chine, les États-Unis et les pays du Golfe.

L’organisation de ce sommet au Kenya revêt également une portée symbolique. Il s’agit de la première édition tenue dans un pays anglophone africain, signe de la volonté française d’élargir son dialogue économique au-delà de ses partenaires historiques francophones.

William Ruto compte désormais prolonger ces discussions lors du prochain sommet du G7 en France, où il souhaite défendre une réforme plus large de l’architecture financière mondiale afin de faciliter l’accès des économies africaines aux financements internationaux.

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