En 2024, les dépôts à terme ont atteint 10 696 milliards FCFA dans l’UEMOA, en hausse de 11,6 %. Cette croissance est tirée par de nouveaux dépôts dans un contexte de stabilité monétaire. Mais la structure des placements reste dominée par le court terme, révélant des arbitrages prudents de la part des ménages comme des entreprises.
Une dynamique soutenue par les souscriptions et renouvellements
D’après les données publiées par la BCEAO, les montants déposés à terme en 2024 à l’occasion de nouvelles ouvertures de comptes ou de renouvellements de conventions se sont établis à 10 695,8 milliards FCFA, contre 9 583,5 milliards l’année précédente. Soit une progression annuelle de +11,6 %.
Cette évolution traduit un regain d’intérêt des agents économiques pour les dépôts à terme, qu’il s’agisse de nouvelles souscriptions ou de reconduction d’engagements existants, dans un environnement de taux créditeurs stables (5,30 % en moyenne) et d’inflation modérée (3,5 %).
Une épargne encore majoritairement de court terme
Malgré la croissance observée, la structure des dépôts à terme reste inchangée par rapport à 2023. Le court terme continue de représenter l’écrasante majorité des montants déposés :
- 77,3 % des dépôts à terme ont une maturité inférieure à deux ans;
- 15,5 % relèvent d’une durée moyenne (2 à 5 ans);
- 7,2 % seulement sont placés sur des durées supérieures à cinq ans.
Cette prédominance du court terme révèle des comportements prudents : les déposants – ménages comme entreprises – cherchent à sécuriser leur épargne sans renoncer à la flexibilité d’un accès rapide aux fonds.
Profils des déposants : les entreprises en tête, les ménages en progression
Les sociétés non financières restent les premiers contributeurs aux dépôts à terme, avec 40,9 % des encours. Elles sont suivies par les ménages (28,0 %), les sociétés financières (17,5 %) et les administrations publiques (12,1 %).
La part significative détenue par les ménages reflète une bancarisation croissante de l’épargne individuelle, portée par la digitalisation des services bancaires et une meilleure diffusion des produits d’épargne. Toutefois, l’accès à ces produits demeure inégal selon les pays et les segments de population.
Enjeux pour le financement de l’économie
Si l’augmentation des dépôts à terme constitue un signal positif pour la mobilisation de l’épargne domestique, leur durée limitée freine encore leur transformation en crédits à long terme, notamment pour les investissements industriels ou infrastructurels.
Pour les banques, cette ressource reste néanmoins un levier de stabilisation du passif, particulièrement utile dans un environnement où la concurrence sur les crédits reste forte et les marges sous pression.