À l’issue de sa mission annuelle, le FMI dresse un diagnostic prudent de l’économie camerounaise. Si la croissance devrait se raffermir dès 2026, les finances publiques et la dette demeurent sous tension.
La résilience est réelle, mais fragile. Selon la mission du Fonds monétaire international conduite par Christine Dieterich, l’économie camerounaise devrait connaître un léger ralentissement en 2025 avant de rebondir progressivement.
La croissance passerait de 3,5 % en 2024 à 3,1 % en 2025, pénalisée par les perturbations post-électorales. Elle remonterait à 3,3 % en 2026, dans un contexte d’investissement public accru et d’atténuation des incertitudes. À horizon 2031, le FMI projette une expansion de 4,6 %, portée notamment par le développement du secteur minier.
L’inflation, elle, converge vers les normes régionales : 2,9 % attendus en 2026, puis 2,5 % à moyen terme.
Les déséquilibres extérieurs se creusent. Le déficit courant devrait atteindre 3,9 % du PIB en 2025, sur fond de recul des exportations pétrolières.
Plus préoccupant encore : la trajectoire budgétaire. Le déficit global s’établirait autour de 2 % du PIB en 2025. Le déficit primaire hors pétrole se détériore nettement, révélant une faiblesse persistante des recettes fiscales non pétrolières et des tensions sur les dépenses courantes.
Le Cameroun reste exposé à un risque élevé de surendettement. Les pressions de financement à court terme favorisent le recours à des emprunts commerciaux extérieurs, dans un environnement international marqué par des taux élevés.
Le FMI appelle à une action résolue sur plusieurs leviers :
- élargir l’assiette fiscale non pétrolière ;
- renforcer la planification et l’exécution des investissements publics ;
- privilégier les financements concessionnels ;
- accélérer l’opérationnalisation du compte unique du Trésor ;
- améliorer la transparence budgétaire et éviter les dépenses extrabudgétaires.
La résorption progressive des arriérés publics est jugée prioritaire pour restaurer la confiance et améliorer la liquidité du secteur privé.
Au-delà des chiffres, le message est clair : la stabilisation macroéconomique est engagée, mais l’accélération de la croissance dépendra de la mise en œuvre effective des réformes structurelles.