Face à des besoins de financement croissants, le Cameroun active de nouveaux leviers d’endettement. Le gouvernement prévoit de mobiliser près de 1 650 milliards de FCFA sur les marchés intérieurs et internationaux afin de financer ses projets de développement et d’assainir ses engagements budgétaires.
Le gouvernement du Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de financement. Par un décret signé mercredi, le président Paul Biya a habilité le ministre des Finances à recourir à des emprunts d’un montant global de 1 650 milliards de francs CFA.
Sur ce montant, près d’un quart sera levé sur le marché financier local à travers des émissions de titres publics, confirmant le rôle croissant des investisseurs domestiques dans le financement de l’économie. Parallèlement, 250 milliards de FCFA proviendront de prêts contractés auprès d’organismes privés nationaux.
La part la plus significative, soit 1 000 milliards de FCFA, devra toutefois être mobilisée sur les marchés financiers internationaux. Un choix qui traduit la volonté des autorités de sécuriser des ressources importantes, mais qui expose également le pays aux fluctuations des taux et aux exigences des bailleurs extérieurs.
Ces emprunts s’inscrivent dans un cadre budgétaire marqué par un budget 2026 de 8 816,4 milliards de FCFA. Le déficit budgétaire est estimé à 631 milliards de FCFA, nécessitant un recours accru au financement par la dette pour assurer la continuité des investissements publics et la stabilité macroéconomique.
À moyen terme, cette stratégie pose la question de la soutenabilité de la dette et de la capacité de l’économie camerounaise à générer une croissance suffisante pour absorber ces nouveaux engagements financiers.