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Economie

Croissance et compétences : le défi caché de l’économie ivoirienne

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La Côte d’Ivoire crée des emplois formels et affiche un chômage faible. Mais derrière cette performance quantitative, les indicateurs de capital humain révèlent une fragilité structurelle. Pour soutenir la montée en productivité, les entreprises s’imposent progressivement comme des acteurs éducatifs.

Les chiffres récents confirment la vitalité du marché du travail formel. En juin 2025, 7 212 nouveaux emplois ont été enregistrés dans le secteur privé moderne, principalement dans le commerce, le BTP et l’industrie manufacturière. Le chômage adulte reste contenu à 2 %, tandis que le taux strict mesuré par enquête demeure inférieur à 3 %.

À première lecture, l’économie semble proche du plein emploi.Mais les indicateurs élargis nuancent cette perception : le taux combiné chômage, sous-emploi et main-d’œuvre potentielle atteint encore 21,3 %. Autrement dit, l’emploi existe, mais il reste souvent peu qualifié ou faiblement productif.

Un déficit de compétences dès le primaire

Le rapport sur le capital humain de la banque mondiale met en lumière une contrainte plus profonde :

  • 80 % des enfants ne savent pas lire et comprendre un texte simple à 10 ans
  • Le taux d’alphabétisation des jeunes (15-24 ans) plafonne à 67 %
  • La scolarisation préscolaire reste limitée à 11 %

Ces indicateurs traduisent une faiblesse structurelle de l’accumulation de compétences fondamentales. Or, dans une économie qui ambitionne une transformation industrielle, la qualité du capital humain devient déterminante.

Une contrainte productive

Dans les secteurs techniques — énergie, BTP, industrie manufacturière — la montée en gamme productive exige des compétences spécialisées. Or, le système éducatif peine à fournir en volume suffisant des profils adaptés aux standards industriels.

Résultat : les entreprises absorbent une partie du coût de la qualification. Centres internes de formation, partenariats avec les établissements techniques, certifications professionnelles propres au secteur deviennent progressivement la norme.

La CIE a structuré une académie interne pour ses métiers énergétiques. Le groupe Kaydan, via son École des Talents, a diplômé en 2025 plus de 200 jeunes dans les métiers du BTP, avec l’appui des pouvoirs publics et de partenaires internationaux. Ces initiatives traduisent un déplacement progressif du centre de gravité de la formation.

Une question de compétitivité

À mesure que la Côte d’Ivoire ambitionne une transformation industrielle plus poussée, la contrainte ne sera plus l’accès au capital financier, mais l’accès au capital humain qualifié.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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