L’agence de notation améliore la perspective d’Ecobank Transnational Incorporated, tout en confirmant sa note de défaut émetteur à long terme à « B- ». La décision reflète un environnement opérationnel plus porteur en Afrique subsaharienne et une réduction de l’exposition au risque de change.
Fitch Ratings a relevé jeudi la perspective d’ETI de « stable » à « positive », tout en maintenant sa notation à « B- ». L’agence met en avant l’amélioration progressive de l’environnement macroéconomique dans les principaux marchés du groupe – notamment le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigeria – ainsi qu’une meilleure maîtrise des risques financiers.
Avec 32 filiales en Afrique subsaharienne et 32 milliards de dollars d’actifs à fin septembre 2025, Ecobank bénéficie d’une diversification géographique étendue. Près de 43 % de ses revenus opérationnels sur les neuf premiers mois de 2025 proviennent d’activités hors intérêts, un facteur de résilience dans un contexte de volatilité des taux.
La réduction de l’exposition au risque de change constitue un autre levier clé. Les filiales opérant en zone franc CFA représentent désormais 47 % des actifs consolidés, limitant l’impact des dépréciations monétaires. La contribution d’Ecobank Nigeria aux actifs du groupe a reculé à 11 %, atténuant le risque de pertes de conversion en devises.
Sur le plan prudentiel, la situation nigériane demeure sous surveillance : Ecobank Nigeria reste en infraction avec son exigence réglementaire de ratio de solvabilité. Toutefois, Fitch estime que les risques financiers et réputationnels sont contenus, le groupe ayant constitué d’importantes provisions centrales pour absorber d’éventuelles pertes.
La rentabilité s’est renforcée, avec un rendement opérationnel des actifs pondérés par les risques (RWA) porté à 5,8 % sur neuf mois en 2025, contre 4,8 % en 2024. Le ratio CET1 a progressé à 12,9 %, soutenu par la génération interne de capital et l’absence de distribution de dividendes.
Enfin, le profil de financement reste jugé solide. La part élevée de dépôts à vue et d’épargne limite la dépendance aux marchés de capitaux, tandis que les échéances de dette entre 2026 et 2028 sont jugées maîtrisables.