À peine huit mois après sa nomination, le ministre gabonais des Finances Henri-Claude Oyima est remplacé. Une décision politique forte du président Brice Oligui Nguema, alors que le pays fait face à une dégradation de sa situation budgétaire et à un accès plus difficile aux marchés financiers régionaux.
Par décret présidentiel publié jeudi soir, le chef de l’État a mis fin aux fonctions d’Henri-Claude Oyima, ministre de l’Économie et des Finances depuis mai dernier. Ancien dirigeant bancaire de premier plan, il avait été nommé après l’élection présidentielle organisée à la suite du coup d’État de 2023.
Le remaniement intervient dans un contexte de pression croissante sur les finances publiques. Le pays, fortement dépendant des revenus pétroliers, subit un resserrement de sa liquidité et une accumulation d’arriérés de paiement, selon plusieurs observateurs du marché.
Pour lui succéder, le président a désigné Thierry Minko, jusqu’ici conseiller technique, désormais ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, avec une mission élargie incluant la lutte contre la cherté de la vie. La gestion budgétaire est, quant à elle, confiée à Marc Abeghe, nommé ministre délégué au Budget.
Cette recomposition ministérielle fait suite à la récente décision de Fitch Ratings, qui a abaissé la note souveraine du Gabon, évoquant un déficit budgétaire en expansion et une raréfaction des financements concessionnels. L’agence anticipe une hausse continue de la dette publique, attendue à près de 87 % du PIB d’ici 2027.
Dans ce contexte, les autorités gabonaises cherchent à restaurer la confiance des investisseurs. Le gouvernement a annoncé en décembre son intention d’introduire une nouvelle taxe sur le logement à partir de 2026, afin de financer des projets d’éclairage public, de voirie et de salubrité urbaine. Un signal supplémentaire de l’urgence budgétaire à laquelle le pays est confronté.