Les trois pays du Sahel ( Mali, du Burkina Faso et du Niger) officialisent une nouvelle étape dans la construction de leur alliance régionale avec la création d’un prélèvement douanier destiné à financer leur union.
Dans un contexte de rupture assumée avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont annoncé ce week-end la mise en place immédiate d’un prélèvement de 0,5 % sur toutes les marchandises importées depuis l’extérieur de leur trio. Cette mesure vise à financer les activités de l’Alliance des États du Sahel (AES), leur nouvelle organisation politique et économique créée en 2023.
Créée en 2023 comme un cadre de coopération sécuritaire face à la menace djihadiste, l’AES prend désormais les contours d’une union politique et économique, avec des projets de passeport commun, de coordination militaire et de marché intégré. Cette taxe douanière commune constitue la première mesure économique d’envergure du bloc, qui se veut souverain dans ses décisions.
Si l’aide humanitaire est exemptée, l’ensemble des autres importations sera concerné, sans qu’aucune précision n’ait été donnée sur les modalités de collecte ni sur la ventilation des fonds. Le signal est toutefois clair : les trois États enclavés, parmi les plus pauvres du continent, cherchent à bâtir une autonomie stratégique, à l’heure où les sanctions de la CEDEAO — largement inefficaces — ont isolé davantage leurs économies.