Dans un contexte de réforme profonde du secteur extractif, le Mali annonce la création d’une société publique chargée de gérer les participations de l’État dans les entreprises minières. Objectif affiché : accroître les revenus publics et renforcer la souveraineté économique sur une filière stratégique.
Les autorités maliennes poursuivent la reprise en main du secteur minier. Une nouvelle société d’État, baptisée Sopamim, sera désormais chargée de centraliser et de gérer l’ensemble des participations publiques dans les compagnies minières opérant au Mali, a annoncé le conseil des ministres.
Entièrement détenue par l’État, Sopamim doit permettre une gestion plus structurée et plus stratégique des intérêts publics dans un secteur clé de l’économie nationale. Le pays figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain, avec une présence marquée de groupes internationaux tels que Barrick Gold, B2Gold, Endeavour Mining ou Resolute Mining.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large engagée depuis plusieurs années par les autorités de transition. Dès 2022, la création de Sorem avait marqué la volonté de l’État de s’impliquer directement dans l’exploration et le développement des ressources minières.
Le nouveau code minier adopté en 2023 a renforcé cette orientation, en augmentant la part minimale de l’État et des collectivités locales dans les projets miniers à 35 %. La réforme a également durci la fiscalité du secteur, avec des résultats tangibles : les recettes publiques issues de l’exploitation aurifère ont progressé de 52,5 % en 2024.
À l’instar d’autres pays producteurs d’Afrique de l’Ouest, le Mali cherche ainsi à capter une part plus importante de la rente minière, dans un contexte de tensions budgétaires et de recomposition de ses partenariats économiques.