Dans un environnement mondial marqué par un essoufflement de l’activité industrielle, l’économie des pays de l’UEMOA affiche une décélération progressive fin 2025. Selon la note de conjoncture de janvier 2026, la zone conserve néanmoins des fondamentaux solides, portés par l’agriculture, le commerce et une inflation toujours négative.
Une croissance encore élevée, mais en phase de normalisation
À la fin de l’année 2025, l’environnement économique international s’est dégradé, sous l’effet du ralentissement industriel dans les grandes économies avancées. Dans ce contexte, l’activité économique au sein de l’UEMOA a montré des signes de décélération, notamment dans les services marchands non financiers.
La croissance du PIB réel de l’Union est toutefois attendue à 6,5 % au premier trimestre 2026, après 6,9 % au quatrième trimestre 2025. Cette performance demeure supérieure à la moyenne mondiale et repose sur le dynamisme des activités commerciales, des services et sur une bonne campagne agricole.
Inflation négative : un soutien au pouvoir d’achat, un signal pour la demande
Le taux d’inflation dans l’UEMOA est ressorti à –0,8 % en décembre 2025, après –0,5 % le mois précédent. Cette évolution s’explique principalement par la baisse continue des prix des produits alimentaires.
Les projections indiquent un retour progressif de l’inflation en territoire positif, avec –0,3 % en janvier 2026 puis +0,1 % en février 2026. Pour les entreprises, cette transition marque la fin progressive d’un cycle de désinflation et implique une vigilance accrue sur les coûts d’approvisionnement et de distribution.
Conditions de crédit : un accès plus sélectif au financement
Sur le marché monétaire régional, le taux d’intérêt moyen à une semaine s’est établi à 5,06 % en décembre 2025, en légère hausse par rapport à novembre. Les taux débiteurs appliqués par les banques à la clientèle ont également progressé, atteignant 6,70 %, contre 6,65 % un mois plus tôt.
Si le coût du crédit reste inférieur à son niveau de 2024, le resserrement observé traduit une plus grande prudence des établissements bancaires. Pour les entreprises de l’Union, l’accès au financement demeure possible, mais exige des projets plus structurés et une meilleure maîtrise des risques.
Masse monétaire et liquidité : un soutien potentiel à l’investissement
À fin novembre 2025, la masse monétaire de l’UEMOA a progressé de 18,2 % en glissement annuel, après 16,1 % un mois plus tôt. Cette évolution est principalement portée par la hausse des actifs extérieurs nets et par l’augmentation des créances des banques sur l’économie.
Ce niveau élevé de liquidité constitue un facteur de soutien à l’investissement privé, à condition que la confiance des acteurs économiques se maintienne dans un contexte international incertain.
Entre croissance et resserrement du crédit, les entreprises de l’UEMOA à l’épreuve de 2026
Début 2026, l’économie de l’UEMOA entre dans une phase de croissance plus sélective. La demande intérieure reste dynamique, mais la pression sur les marges, l’évolution des taux d’intérêt et la normalisation de l’inflation imposent une gestion plus rigoureuse.
Pour les dirigeants et cadres d’entreprise, les enjeux clés portent désormais sur l’optimisation de la trésorerie, la sécurisation des approvisionnements et l’arbitrage des investissements dans un environnement macroéconomique moins accommodant.