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Economie

UEMOA : une conjoncture portée par la liquidité, mais un crédit encore sous tension au 1er trimestre 2025

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Portée par une forte expansion monétaire et une amélioration des comptes extérieurs, la conjoncture dans l’UEMOA reste globalement favorable début 2026. Mais la dynamique du crédit et les conditions de financement continuent d’envoyer des signaux contrastés.

L’économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) aborde l’année 2026 dans un environnement monétaire globalement porteur. Les indicateurs récents traduisent une situation de liquidité abondante, soutenue par une amélioration marquée des équilibres extérieurs.

Concrètement, davantage de devises — issues notamment des financements internationaux mobilisés par les États et d’un déficit extérieur en réduction — entrent dans l’Union qu’il n’en sort. Ce flux renforce les ressources disponibles dans les banques et soutient l’ensemble du système financier, sous l’égide de la BCEAO.

Cette situation se traduit par une forte progression de la masse monétaire, en hausse de près de 19% sur un an à fin janvier. Les dépôts bancaires et les liquidités en circulation augmentent rapidement, facilitant en théorie le financement de l’économie.

Sur les marchés bancaires, cette abondance de ressources entraîne une détente des taux à court terme : les banques se prêtent entre elles à des conditions plus favorables qu’il y a encore quelques mois.

Mais ce contexte favorable reste encore imparfaitement transmis à l’économie réelle. La distribution de crédit progresse, mais à un rythme modéré (+5,5% sur un an). Surtout, cette dynamique est déséquilibrée : les financements aux entreprises ralentissent, tandis que ceux accordés aux ménages accélèrent.

Autre point de vigilance pour les dirigeants : le coût du crédit reste globalement élevé dans plusieurs pays de l’Union, malgré l’amélioration des conditions monétaires. Les banques restent prudentes, ce qui limite la baisse des taux appliqués aux entreprises.

En parallèle, la rémunération de l’épargne recule, signe que l’ajustement s’opère plus rapidement du côté des dépôts que du crédit.

La conjoncture régionale apparaît bien orientée grâce à l’afflux de liquidités et aux financements extérieurs. Mais pour les entreprises, l’environnement reste contrasté : l’argent est plus abondant dans le système, sans être encore nettement moins cher ni plus accessible.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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