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Economie

UEMOA : une croissance de 6,5 % au premier trimestre 2026, fragilisée par l’environnement externe

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La zone UEMOA devrait enregistrer une croissance de 6,5 % au premier trimestre 2026, portée par le dynamisme des services et une campagne agricole favorable. Mais la remontée progressive de l’inflation et le repli des cours des matières premières exportées assombrissent les perspectives à court terme.

L’économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) confirme sa trajectoire de croissance robuste en ce début d’année 2026. Selon les dernières estimations conjoncturelles, le produit intérieur brut (PIB) réel progresserait de 6,5 % au premier trimestre, un rythme identique à celui observé fin 2025.

Cette performance repose principalement sur la bonne tenue des activités commerciales et des services, ainsi que sur une campagne agricole jugée satisfaisante. Le secteur des bâtiments et travaux publics (BTP) reste également bien orienté dans plusieurs pays, notamment au Bénin, au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

Des signaux de ralentissement à court terme

Derrière cette dynamique globale, certains indicateurs traduisent néanmoins un essoufflement conjoncturel. Le chiffre d’affaires du commerce de détail s’est contracté de 7,3 % en janvier, tandis que les services marchands non financiers ont reculé de 8,4 % sur la même période. Le climat des affaires reste légèrement au-dessus de sa moyenne de long terme, mais s’inscrit en léger repli.

À l’inverse, la production industrielle affiche une progression marquée (+8,1 % en variation mensuelle), soutenue par les activités manufacturières.

Inflation : un retour progressif des tensions

Après plusieurs mois en territoire négatif, l’inflation amorce un redressement. Elle devrait atteindre +0,4 % en mars puis +0,8 % en avril 2026. Cette remontée s’explique notamment par la hausse des prix des produits pétroliers dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Par ailleurs, les perturbations persistantes dans certaines zones de l’Union continuent de désorganiser les circuits de distribution alimentaire, contribuant à la hausse des coûts.

Un choc externe défavorable sur les exportations

Autre facteur de fragilité : la dégradation des termes de l’échange. En février 2026, l’indice des prix des produits de base exportés par l’UEMOA a reculé de 3,9 %, après une hausse le mois précédent. Cette baisse est largement imputable au repli des cours du gaz naturel (-29,6 %), du cacao (-28,5 %), du café (-9,7 %) et du coton (-2,1 %).

Sur un an, la contraction atteint près de 10 %, avec une chute particulièrement marquée des prix du cacao (-63,3 %). Cette évolution s’explique par une offre mondiale abondante et un ralentissement de la demande, notamment pour les produits agricoles.

À l’inverse, certains produits enregistrent des hausses significatives, à l’image de l’or (+73,4 % sur un an) ou de l’uranium (+31,2 %), traduisant des recompositions sectorielles dans les exportations de la région.

Des importations alimentaires plus coûteuses

Dans le même temps, les prix des produits alimentaires importés continuent de progresser (+3,7 % en février), tirés par le renchérissement de l’huile de soja, du blé et du riz. Cette tendance accentue les pressions inflationnistes internes.

Une trajectoire globalement robuste mais exposée

La trajectoire de croissance de l’UEMOA reste favorable, mais sa soutenabilité dépendra largement de l’évolution de l’environnement international. La dépendance aux matières premières et aux importations alimentaires continue d’exposer la région à des chocs exogènes, dans un contexte géopolitique incertain.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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