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Ciment en Côte d’Ivoire : la surcapacité fragilise un secteur en quête d’équilibre

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Photo de Sabbir Bhuiyan : https://www.pexels.com/fr-fr/photo/pile-de-briques-patinees-sur-un-chantier-de-construction-30571032/

Malgré une activité en légère progression, les cimentiers ivoiriens font face à une dégradation marquée de leur rentabilité. En cause : un déséquilibre structurel du marché et un cadre réglementaire contraignant, selon une étude de StatsAfrica.

Le secteur du ciment en Côte d’Ivoire confirme une dynamique paradoxale. D’un côté, l’activité progresse : le chiffre d’affaires consolidé des principaux opérateurs a atteint 353 milliards de FCFA en 2024, en hausse de 3,1%. De l’autre, la rentabilité s’effrite nettement, avec un recul de près de 40% du résultat net sur la même période.

Cette divergence, mise en évidence par une étude sectorielle publiée en 2026 par StatsAfrica, traduit un modèle économique sous pression, où la croissance des volumes ne se traduit plus en création de valeur.

Un déséquilibre durable entre l’offre et la demande

Le principal facteur explicatif réside dans la structure même du marché. La capacité de production installée est estimée à environ 21 millions de tonnes, pour une consommation domestique proche de 7 millions de tonnes.

Ce différentiel maintient le taux d’utilisation des unités industrielles à des niveaux faibles, inférieurs à 50%, et alimente une concurrence accrue entre les neuf acteurs du secteur. À horizon 2027, ce déséquilibre devrait persister, signe d’un ajustement encore lointain.

Des prix encadrés, des marges comprimées

À cette surcapacité s’ajoute un encadrement des prix qui limite la capacité des industriels à répercuter leurs coûts. Les données compilées par StatsAfrica montrent une baisse significative des prix du ciment ces dernières années, avec un recul de 25% des prix sortie usine entre 2017 et 2020.

Dans ce contexte, le secteur subit un effet ciseau classique : pression sur les revenus d’un côté, rigidité des coûts financiers de l’autre.

Une recomposition concurrentielle en cours

La pression concurrentielle se traduit par une redistribution des positions. Si LafargeHolcim CI conserve son rang de leader, sa contraction d’activité contraste avec la progression de certains concurrents, à l’image de Ciments de l’Afrique ou Ciments de Côte d’Ivoire.

Selon StatsAfrica, six acteurs sur neuf affichent encore une croissance, signe que la demande reste orientée à la hausse, mais insuffisante pour absorber les capacités existantes.

Un impératif de transformation

Dans ce contexte, les marges de manœuvre passent par une adaptation du modèle industriel et financier. Rationalisation des capacités, différenciation de l’offre — notamment via des produits plus durables — et optimisation des structures de coûts apparaissent comme des axes prioritaires.

L’étude de StatsAfrica souligne qu’à défaut d’ajustements, le secteur pourrait rester durablement enfermé dans une logique de surcapacité et de faible rentabilité, malgré des perspectives de demande soutenues par les besoins en infrastructures.

Méthodologie et accès aux données

Cet article s’appuie sur un extrait de l’étude « Marché du ciment en Côte d’Ivoire – Édition 2026 » publiée par StatsAfrica.

Seules des données agrégées issues de cet extrait ont été utilisées. L’étude complète, qui propose notamment une analyse détaillée des acteurs, des projections à moyen terme et des recommandations stratégiques, est disponible auprès de l’éditeur.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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