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Economie

Côte d’Ivoire : derrière une inflation limitée à 1,8 %, les prix des légumes et des loyers s’envolent

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Photo de Vano Pereira: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/assortiment-de-viandes-grillees-aux-herbes-sur-assiette-de-service-30268878/

L’inflation demeure faible en Côte d’Ivoire, mais cette stabilité apparente recouvre des évolutions très contrastées. En juin, les prix des légumes fruitiers ont bondi de près de 66 % sur un an, tandis que les loyers et la viande continuent de peser sur les dépenses des ménages.

À première vue, la hausse des prix reste maîtrisée en Côte d’Ivoire. En juin 2026, l’inflation s’est établie à 1,8 % sur un an, un niveau inférieur au seuil communautaire de 3 % fixé au sein de l’UEMOA. En moyenne annuelle, elle ne dépasse pas 0,7 %.

Mais derrière cet indicateur global relativement rassurant, plusieurs postes de consommation courante connaissent des augmentations nettement plus fortes. Entre mai et juin, l’Indice harmonisé des prix à la consommation a progressé de 0,5 %, principalement sous l’effet des produits alimentaires et des transports.

Une flambée concentrée sur les produits frais

La principale source de tension provient des légumes fruitiers frais ou réfrigérés. Leurs prix ont augmenté de 10,9 % en un mois et de 65,9 % par rapport à juin 2025.

Cette flambée est visible sur les marchés. Le prix national moyen du kilogramme de tomate de salade a atteint 1 400 FCFA en juin, contre 1 050 FCFA en mai. À Abidjan, il est passé de 1 230 à 1 670 FCFA. Dans l’Ouest du pays, la hausse est encore plus marquée, de 930 à 1 480 FCFA.

Le piment frais s’est également renchéri. Son prix moyen national est passé de 2 195 à 2 445 FCFA le kilogramme. Dans les Lagunes, il atteint 3 650 FCFA, contre 3 145 FCFA un mois auparavant.

La banane plantain et l’igname suivent la même tendance. Le kilogramme de plantain est passé de 380 à 415 FCFA au niveau national, tandis que celui de l’igname a augmenté de 530 à 575 FCFA.

Des baisses qui atténuent l’indice général

Toutes les denrées ne sont cependant pas orientées à la hausse. Les céréales coûtent en moyenne 4,6 % moins cher qu’un an auparavant. Les tubercules, plantains et bananes à cuire affichent également une baisse annuelle de 10,9 %, malgré leur remontée observée au cours du seul mois de juin.

Les fruits tropicaux frais reculent de 9,7 % sur un an et les huiles végétales de 2,5 %. Au niveau national, le riz local est passé de 555 à 550 FCFA le kilogramme entre mai et juin. Les oranges locales ont, elles aussi, baissé de 260 à 225 FCFA.

Ces replis permettent de contenir la hausse de l’ensemble des produits alimentaires à 2,4 % sur un an, bien en deçà de l’évolution de certaines denrées fraîches.

Les loyers progressent de 4,4 %

Le logement constitue l’autre foyer de pression. Les prix de la division « logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles » ont progressé de 3,1 % sur un an.

Les loyers effectivement acquittés par les ménages ont augmenté de 4,4 %. Les dépenses liées à l’eau et aux services relatifs au logement ont, pour leur part, progressé de 4,3 %. Les combustibles liquides se sont renchéris de 8,5 %.

Cette évolution est d’autant plus significative que le logement représente plus de 15 % du panier utilisé pour calculer l’indice des prix. La hausse des loyers peut donc affecter durablement le budget des ménages urbains, même lorsque les prix des carburants ou de certains produits alimentaires demeurent stables.

Une inflation faible, mais inégalement ressentie

Les prix réglementés des carburants et du gaz domestique sont restés inchangés en juin. Le litre de super sans plomb demeure fixé à 875 FCFA, celui du gasoil à 700 FCFA, tandis que les bouteilles de gaz de 6 et 12,5 kilogrammes restent respectivement à 2 020 et 5 015 FCFA.

Cette stabilité contribue à contenir l’inflation énergétique, limitée à 1 % sur un an et en baisse de 0,4 % sur un mois. L’inflation sous-jacente demeure également modérée, à 1,4 %.

La situation confirme néanmoins l’écart entre l’indicateur macroéconomique et l’inflation effectivement ressentie. Pour les ménages consacrant une part importante de leurs revenus à l’alimentation, au logement et aux transports, la hausse du coût de la vie peut paraître nettement supérieure au taux national de 1,8 %.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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