Publié
il y'a 23 heuresle
Par
Marc Yoboué
La consommation des ménages et les services ont soutenu l’économie ivoirienne au premier trimestre 2026. Mais la baisse de 4,7 % de l’investissement et le repli de la construction et des industries extractives révèlent une croissance encore déséquilibrée.
La Côte d’Ivoire a enregistré une croissance de 4,7 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. Une performance positive, mais inférieure au rythme de 6,2 % observé un an auparavant.
Par rapport au quatrième trimestre 2025, le produit intérieur brut en volume, corrigé des variations saisonnières, a progressé de 2,6 %. Les données publiées par l’Agence nationale de la statistique confirment ainsi la poursuite de l’expansion économique, tout en mettant en évidence une évolution contrastée de ses différents moteurs.
La demande intérieure a principalement été alimentée par la consommation finale. Celle-ci a augmenté de 12,7 % en glissement annuel, soit une progression nettement supérieure à celle du PIB.
La consommation des ménages, qui constitue la principale composante de la demande intérieure, a crû de 13 %. Celle des administrations publiques a augmenté de 11,1 %.
En variation trimestrielle, la consommation publique a même progressé de 22,4 %. L’ANStat attribue cette évolution à une augmentation de 5,7 % des effectifs employés et à une hausse de 28 % des dépenses de fonctionnement.
Cette vigueur de la consommation contraste avec le recul de l’investissement. La formation brute de capital fixe a diminué de 4,7 % par rapport au premier trimestre 2025 et de 3,5 % par rapport au trimestre précédent.
Un an plus tôt, l’investissement avait enregistré une hausse annuelle de 12,2 %. Ce retournement pourrait peser sur les capacités productives futures si la tendance devait se prolonger.
La contraction de l’investissement trouve un écho dans les performances de certaines branches. La construction a reculé de 0,9 %, tandis que les industries extractives ont enregistré une baisse de 5,6 %. Les importations de machines ont également diminué de 5 % et celles de véhicules automobiles de 3 %.
Malgré ces replis, le secteur secondaire a progressé de 2,2 %, grâce à quelques moteurs industriels. L’industrie pétrolière a augmenté de 25,8 %, l’agroalimentaire de 10,1 % et les activités liées à l’eau et à l’électricité de 5,9 %.
Le secteur tertiaire reste le principal pilier de l’économie ivoirienne. Sa valeur ajoutée a progressé de 5,3 % et apporté 2,6 points à la croissance totale de 4,7 %.
Les activités financières et d’assurance ont augmenté de 18,2 %. L’information et la communication progressent de 11,7 %, devant le transport, en hausse de 9,4 %.
Le commerce et les réparations, plus directement liés à la demande des ménages, affichent une progression de 3,4 %. Les autres services ont crû de 3,7 %.
Le secteur primaire a également contribué positivement à l’activité. Sa croissance atteint 4,7 %, portée notamment par la pêche, en hausse de 10,1 %, l’élevage et la chasse, en progression de 8 %, et l’agriculture d’exportation, qui avance de 6 %.
Les échanges extérieurs ont constitué un autre soutien à la croissance. Les exportations ont augmenté de 5,1 % en volume en glissement annuel, alors que les importations ont légèrement diminué de 0,4 %.
La hausse des ventes extérieures a été alimentée par les produits pétroliers, dont les exportations ont progressé de 30 %, le ciment, en hausse de 21 %, et les fèves de cacao, en augmentation de 7,2 %. Les expéditions de noix de cajou ont presque été multipliées par trois et demi.
La balance extérieure des biens et services s’est améliorée de 115,1 milliards de FCFA en trois mois. Son excédent est passé de 1 174,1 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2025 à 1 289,2 milliards de FCFA au premier trimestre 2026.
La conjoncture ivoirienne présente ainsi deux visages. D’un côté, la consommation, les services et les exportations entretiennent une croissance robuste. De l’autre, le recul de l’investissement, de la construction et des industries extractives soulève la question de la durabilité et de la composition de cette expansion.
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