Publié
il y'a 14 heuresle
Par
Marc Yoboué
En mai 2026, les cours mondiaux du pétrole ont progressé de 62 % sur un an, sous l’effet des tensions persistantes au Moyen-Orient. Malgré ce choc énergétique et le renchérissement des transports, l’inflation dans l’UEMOA reste limitée à 0,4 %. La région bénéficie notamment du recul des prix internationaux de plusieurs produits alimentaires importés.
L’environnement économique international reste marqué par une forte divergence entre les marchés de l’énergie, les métaux précieux et les principales matières premières agricoles exportées par l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
En mai 2026, les cours mondiaux du pétrole brut, calculés sur la moyenne du WTI américain et du Brent de la mer du Nord, ont progressé de 62 % en glissement annuel. Cette hausse prolonge l’accélération déjà observée en avril, lorsque les prix avaient augmenté de 55 % sur un an.
Cette envolée s’explique principalement par la persistance des tensions au Moyen-Orient. Malgré le cessez-le-feu observé au cours de la période, les investisseurs continuent de redouter des perturbations de la production et des circuits mondiaux d’approvisionnement.
Le mouvement haussier ne concerne pas uniquement les hydrocarbures. Le prix international de l’or a augmenté de 39,3 % sur un an en mai. Le métal précieux profite d’une demande accrue des investisseurs à la recherche d’actifs jugés plus sûrs face aux incertitudes géopolitiques.
Les cours du caoutchouc et du coton ont également progressé, respectivement de 32,5 % et de 23 %.
Ces évolutions pourraient améliorer les perspectives de recettes d’exportation des pays de l’UEMOA producteurs de caoutchouc ou de coton. Elles présentent toutefois un risque de renchérissement des coûts pour les industries locales utilisant ces matières premières.
La situation est nettement moins favorable pour les grandes cultures de rente de la région. Le cacao enregistre une chute de 53,7 % de son prix international en glissement annuel. Les cours du café reculent de 25,8 %, tandis que ceux de la noix de cajou diminuent de 5,7 %.
Cette correction pourrait peser sur les revenus des producteurs, les recettes d’exportation et les finances publiques des pays les plus dépendants de ces filières. Elle intervient après des phases de forte volatilité sur plusieurs marchés agricoles mondiaux.
Du côté des importations alimentaires, la tendance est plus favorable. L’indice des prix des produits alimentaires importés par les États membres de l’UEMOA a diminué de 2,4 % sur un an en mai 2026.
Cette baisse est principalement portée par le recul des prix du lait, en diminution de 25 %, du sucre, en baisse de 16,1 %, et du riz, dont les cours ont reculé de 7,2 %.
La baisse de ces produits de grande consommation contribue à limiter les pressions sur les prix intérieurs. Elle est cependant partiellement compensée par l’augmentation des cours de l’huile, en hausse de 18,1 %, et du blé, en progression de 16,4 %.
Le renchérissement du blé constitue un point de vigilance pour les économies de l’Union, fortement dépendantes des importations pour l’approvisionnement des minoteries et la production de farine. Une transmission durable de cette hausse pourrait peser sur les coûts de production du pain et des autres produits céréaliers.
Malgré la flambée du pétrole et la progression de plusieurs matières premières, le taux d’inflation dans l’UEMOA est demeuré contenu. Il s’est établi à 0,4 % en glissement annuel en mai 2026, contre 0 % en avril.
Cette légère remontée provient principalement du renchérissement des transports, dont les prix ont augmenté de 3,2 %, après une hausse de 1,5 % le mois précédent. Les dépenses de logement ont également progressé de 2,9 %, contre 2 % en avril.
Dans le même temps, les prix des produits alimentaires ont continué de diminuer. Leur recul s’est toutefois atténué, passant de 1,7 % en avril à 1,1 % en mai.
L’inflation sous-jacente, calculée hors produits frais et énergie, a pour sa part ralenti à 0,7 %. Cette évolution suggère que les pressions inflationnistes restent encore limitées dans le reste de l’économie régionale.
L’UEMOA se trouve ainsi dans une situation contrastée. La région bénéficie de la détente des prix de plusieurs produits alimentaires importés, mais reste exposée à la hausse du pétrole, du blé et des coûts de transport. La capacité des États à contenir la transmission de ces chocs internationaux aux prix intérieurs constituera l’un des principaux enjeux des prochains mois.
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