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Economie

UEMOA : les cours des matières premières repartent à la hausse sous l’effet du choc énergétique

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Après un net repli en février, les prix des principaux produits exportés par les pays de l’UEMOA ont légèrement rebondi en mars 2026. En toile de fond : l’envolée des cours du pétrole et du gaz liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui reconfigure les équilibres commerciaux et ravive les pressions inflationnistes dans l’Union.

Le choc géopolitique au Moyen-Orient continue de produire ses effets sur les économies ouest-africaines. En mars 2026, les prix des principaux produits exportés par les pays de l’UEMOA ont progressé de 0,2%, après une forte baisse le mois précédent, selon la BCEAO.

Cette remontée s’explique essentiellement par l’explosion des cours du pétrole (+39,3%) et du gaz naturel (+24,2%), provoquée par les perturbations majeures des chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales. La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz et l’arrêt temporaire d’une importante usine de GNL au Qatar ont accentué les tensions sur les marchés.

Pour les économies de l’Union, cette hausse agit comme un facteur de transmission inflationniste. Les coûts du transport ont accéléré dans plusieurs pays, poussés par le relèvement des prix des carburants. Au Mali, par exemple, le prix de l’essence a augmenté de près de 13% fin mars.

L’inflation régionale reste néanmoins contenue. En Côte d’Ivoire, elle s’est établie à 2,0% en mars 2026. La BCEAO prévoit une inflation de 1,1% en avril puis 1,4% en mai, malgré les tensions persistantes sur les hydrocarbures et le fret international.

Cacao et café sous pression

Du côté des matières premières agricoles, la situation apparaît plus défavorable pour les grands exportateurs ouest-africains. Les prix du cacao ont chuté de 9,6% sur un mois et de près de 60% sur un an, sous l’effet d’une offre abondante en Afrique de l’Ouest et d’un ralentissement de la demande mondiale.

Le café recule également (-32,9% sur un an), pénalisé par l’amélioration des récoltes au Brésil et la hausse des exportations vietnamiennes.

À l’inverse, certaines filières bénéficient du contexte actuel. Les huiles végétales, le coton, le caoutchouc naturel et le phosphate enregistrent des hausses, soutenus par la demande industrielle et les tensions sur les marchés énergétiques.

Activité économique : des moteurs encore solides

Malgré ces fragilités, la dynamique économique régionale demeure robuste. La BCEAO anticipe une croissance de 6,7% du PIB de l’Union en 2026, après 6,2% en 2024.

Le commerce, les services et les activités agricoles restent les principaux moteurs de cette expansion. Le secteur des BTP continue également de progresser dans plusieurs pays de l’Union, avec des indicateurs particulièrement bien orientés au Sénégal, au Bénin et en Côte d’Ivoire.

En revanche, la production industrielle a enregistré un recul mensuel de 5,2% en février, notamment dans les industries extractives et manufacturières. Le commerce de détail s’est également contracté de 2,4%.

La BCEAO desserre sa politique monétaire

Face à un contexte inflationniste jugé maîtrisable, la BCEAO a amorcé un assouplissement monétaire. Le Comité de politique monétaire a abaissé en mars son principal taux directeur de 25 points de base à 3,0%.

Cette détente commence à se refléter sur le marché monétaire régional, où les taux interbancaires sont en baisse. Toutefois, les taux débiteurs appliqués par les banques restent orientés à la hausse dans plusieurs pays, notamment en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Burkina Faso.

Dans le même temps, la masse monétaire de l’Union continue de croître à un rythme soutenu (+17,9% à fin février), portée par la progression des actifs extérieurs nets et des crédits à l’économie.

Pour la BCEAO, les perspectives restent favorables, mais fortement dépendantes de l’évolution des tensions géopolitiques, des conditions climatiques et de la stabilité sécuritaire dans l’espace communautaire

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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