Selon le dernier rapport de Groupe de la Banque mondiale, la croissance en Afrique subsaharienne devrait se stabiliser à 4,1 % en 2026. Une performance fragile, exposée à des risques croissants liés à l’endettement, aux tensions géopolitiques et aux contraintes structurelles.
La dynamique de reprise de l’Afrique subsaharienne montre des signes d’essoufflement. Après une décennie marquée par des chocs exogènes, la région maintient une croissance modérée, mais les perspectives s’assombrissent. Les prévisions pour 2026 ont été révisées à la baisse, signalant un environnement économique plus incertain .
Plusieurs facteurs pèsent sur cette trajectoire. En premier lieu, les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, alimentent la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Cette inflation importée fragilise les équilibres macroéconomiques et affecte particulièrement les ménages les plus vulnérables.
Parallèlement, la contrainte budgétaire s’intensifie. Le poids du service de la dette a fortement progressé ces dernières années, réduisant les marges de manœuvre des États. Le ratio du service de la dette extérieure rapporté aux recettes publiques a doublé depuis 2017, limitant la capacité d’investissement dans les infrastructures et les services essentiels .
Dans ce contexte, la croissance reste insuffisante pour absorber la pression démographique. D’ici 2050, plus de 620 millions de personnes devraient entrer sur le marché du travail africain, ce qui pose un défi majeur en matière de création d’emplois.
Face à ces enjeux, le rapport insiste sur la nécessité d’un changement de modèle. Une croissance plus productive, portée par le secteur privé et appuyée par des politiques industrielles ciblées, apparaît comme un levier clé. À condition, toutefois, de s’appuyer sur des institutions solides, une meilleure intégration régionale et des investissements massifs dans le capital humain.