Pris au piège entre la hausse des prix imposée par les fournisseurs et le refus des grands acheteurs de s’aligner sur le marché, les exportateurs nationaux de cacao sonnent l’alarme. Barry Callebaut et, jusqu’à récemment, Olam refusent de surpayer, menaçant l’équilibre de la filière. Le Conseil Café Cacao (CCC) est appelé à arbitrer ce dossier brûlant.
Un choc frontal entre exportateurs, fournisseurs et industriels secoue la filière cacao en Côte d’Ivoire. D’un côté, les fournisseurs qui, en raison d’une production en baisse et d’une mainmise sur l’approvisionnement, imposent des prix bien au-delà du barème officiel. De l’autre, des acheteurs internationaux, notamment Barry Callebaut et Olam, qui refusent de s’aligner sur ces surcoûts. Résultat : les exportateurs nationaux sont pris en étau, contraints de surpayer pour acheter du cacao, sans pouvoir répercuter ces coûts.
Les chiffres sont parlants : alors que le CCC fixe un prix d’achat officiel de 1 915 FCFA/kg, les fournisseurs exigent entre 2 100 et 2 200 FCFA/kg. Une situation qui place les exportateurs sous forte tension, notamment ceux qui doivent livrer Barry Callebaut dans le cadre de contrats portant sur 30 000 à 45 000 tonnes.
Jusqu’en janvier, Olam adoptait la même ligne que Barry Callebaut en refusant de payer au-delà du prix officiel. Mais l’entreprise singapourienne a depuis revu sa stratégie, au contraire de son homologue suisse qui maintient sa position. Une impasse qui pousse les exportateurs à exiger une intervention rapide du CCC.
Trois scénarios sont envisagés :
- Le CCC fournit directement aux exportateurs le cacao au prix du barème, si des stocks sont disponibles.
- Les contrats détenus par Barry Callebaut sont réattribués à d’autres acheteurs internationaux prêts à suivre le prix du marché.
- Barry Callebaut accepte de revoir sa politique d’achat pour éviter une crise plus large dans la filière.
En coulisses, la tension monte. Le surpaiement, bien que théoriquement interdit par le CCC, est devenu une norme tacite.