L’agence de notation a confirmé la note souveraine du République du Congo à « CCC+ », soulignant la fragilité persistante des finances publiques malgré un reflux progressif de la dette et le soutien du secteur pétrolier et gazier.
L’agence Fitch a confirmé la note de défaut émetteur à long terme en devises du Congo à « CCC+ ». À ce niveau de notation, l’agence ne publie pas de perspective, traduisant un risque de crédit très élevé.
La décision reflète d’abord des fondamentaux budgétaires fragiles. La gestion des finances publiques demeure jugée faible, marquée par l’opération de dette d’octobre 2024 qualifiée d’échange en difficulté, après la restructuration de créances commerciales liées aux traders pétroliers en 2022. Les arriérés domestiques, estimés à près de 13 % du PIB fin 2025, ainsi que des arriérés extérieurs équivalents à 1,6 % du PIB, illustrent des tensions persistantes de trésorerie.
L’ accès au financement reste contraint. Le marché régional de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale affiche une liquidité limitée, malgré les injections record de la banque centrale. La fin du programme avec le FMI en avril 2025 a réduit les financements concessionnels, tandis que la demande régionale se concentre sur le simple refinancement des échéances.
Pour autant, Brazzaville a retrouvé l’accès aux marchés internationaux. Deux placements privés d’eurobonds en novembre et décembre 2025, pour un total de 930 millions de dollars (environ 5,7 % du PIB), ont permis d’allonger la maturité de la dette régionale. Une nouvelle émission de 700 millions de dollars en février 2026 devrait refinancer partiellement cette opération. Fitch anticipe une demande de nouveau programme avec le FMI après la présidentielle du 15 mars 2026.
Sur le plan macroéconomique, la croissance aurait accéléré à 3 % en 2025, contre 2,1 % en 2024, portée par le redressement de la production pétrolière. L’essor du gaz naturel liquéfié (GNL), avec le démarrage attendu de projets industriels en 2026, pourrait porter la production à 3 millions de tonnes par an d’ici 2027. Le secteur hors hydrocarbures, en revanche, reste contraint par les goulets d’étranglement infrastructurels.
La dette publique, bien qu’élevée, poursuit sa décrue. Elle est estimée à 87 % du PIB en 2025, contre des médianes nettement inférieures pour les pays comparables notés dans les catégories « B » et « C ». Les besoins bruts de financement restent toutefois conséquents, à 12 % du PIB en 2026.
Sur le plan politique, la réélection attendue du président Denis Sassou Nguesso ne devrait pas modifier l’orientation économique à court terme. L’absence de plan de succession clair constitue néanmoins un facteur de risque à moyen terme.