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Filière cacao : Abidjan pourrait ajuster sa politique de prix face à la crise des stocks

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Face à l’accumulation de fèves invendues dans ses ports, la Côte d’Ivoire examinerait une révision sans précédent du calendrier de ses campagnes cacaoyères, qui permettrait d’abaisser significativement le prix garanti aux planteurs dès le mois de mars.

La Côte d’Ivoire est confrontée à une impasse commerciale. Des milliers de tonnes de fèves de cacao s’entassent dans les entrepôts et sur les quais d’Abidjan et de San Pedro, faute d’acheteurs à l’international. Pour y répondre, les autorités préparent une mesure sans précédent dans l’histoire de la filière.

Selon Reuters, les autorités envisagent d’avancer le démarrage de la campagne intermédiaire, habituellement fixé en avril. Les fèves récoltées en mars seraient ainsi reclassifiées sous ce régime, permettant d’appliquer dès le mois prochain un prix au kilogramme compris entre 800 et 1 000 francs CFA — soit moins du tiers du prix actuel de 2 800 FCFA pour la campagne principale.

La logique est directement mercantile : en abaissant le coût de la matière première à l’origine, le régulateur espère rendre le cacao ivoirien compétitif sur le marché mondial, où les cours ont chuté ces derniers mois, rendant les exportations trop onéreuses par rapport à d’autres origines.

Un mécanisme de prix qui montre ses limites

Le système de prix garanti au producteur, instauré pour protéger les quelque 600 000 planteurs que compte le pays, se retrouve aujourd’hui au cœur du problème. Fixé en début de campagne selon des projections de marché, ce prix n’a pas intégré la correction brutale des cours mondiaux. Résultat : la Côte d’Ivoire vend à perte ou ne vend plus.

Pour les entreprises de la chaîne d’approvisionnement — négociants, exportateurs, sociétés de transformation — la situation crée une double pression : des stocks coûteux à financer et une incertitude croissante sur les prix de cession futurs, fragilisant toute planification à court terme.

Implications pour les opérateurs économiques

Pour les industriels du chocolat et les traders internationaux, la mesure pourrait rouvrir des fenêtres d’achat fermées depuis plusieurs semaines. Un prix réduit de près de 71 % améliore mécaniquement les conditions d’achat et relance potentiellement les commandes en attente.

En revanche, pour les banques et institutions financières exposées au secteur, la révision à la baisse de la valeur des stocks constitue un risque à surveiller. Les entreprises ayant constitué des provisions sur la base du prix de 2 800 FCFA devront réévaluer leurs bilans.

Sur le plan macroéconomique, la filière cacao représente environ 40 % des recettes d’exportation ivoiriennes. Un blocage prolongé des ventes pèse directement sur la balance des paiements et les réserves en devises du pays — deux indicateurs scrutés de près par les partenaires financiers d’Abidjan.

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Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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